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Le dérèglement climatique aggrave la fragilité du littoral français

© Christian Musat / Shutterstock

Depuis le XIXème siècle, le niveau moyen de la mer s'est élevé d'environ 20 cm à l'échelle du globe.

Le littoral se définit comme la partie côtière située dans la zone de battement des marées. En France métropolitaine, il couvre 4% du territoire et les communes littorales hébergent près de 8 millions de résidents. La densité de la population y est de 285 habitants/km2, soit 2,5 fois plus que la moyenne, et ce territoire est à près de 25% artificialisé (zones urbanisées, industrielles ou commerciales, routes, etc.), contre moins de 5% pour l’ensemble du territoire métropolitain.

L'état des lieux est assez inquiétant. La puissance de l'érosion, combinée à la montée des eaux, fait reculer les dunes, érode les falaises, engendre éboulements et submersion marine. Au moins 22% des côtes reculent de 10 centimètres jusqu’à 8 mètres par an en moyenne. En France, 142 communes enregistrent un retrait de 50 centimètres par an, et 19 de plus de 3 mètres. Autrefois, les hommes ne s'installaient pas ou peu sur les côtes sableuses (ils en connaissaient la mobilité) mais l'urbanisation du littoral, depuis 150 ans, a changé la donne.

Quelles sont les causes de la dégradation du littoral ?

  • Les mécanismes naturels de l'érosion du littoral sont essentiellement liés à la houle et aux courants qu'elle provoque. Ces courants entraînent avec eux les sédiments.
  • Le vent déclenche la houle, les vagues et le clapot, et est également un agent de transport des sédiments : c'est le facteur des échanges aériens de sédiments entre la plage et la dune. L'effet de ces agents d'érosion va être différent selon que le littoral est sableux ou rocheux :
    • pour les côtes rocheuses, les facteurs favorisant l’érosion sont principalement liés à la nature des roches et à leur structure. Ainsi, les roches telles que la craie, le grès, le tuf, sont mécaniquement peu résistantes et donc plus sensibles à l’érosion. Les roches dures, telles que le granite, le gneiss ou le schiste, si elles sont parcourues de fractures ou bien si elles sont fortement altérées, sont également plus vulnérables que les roches saines et massives ;
    •  pour le littoral sableux, il est normal que le trait de côte se déplace au gré des conditions météo-marines. La ressource sédimentaire disponible est le paramètre essentiel pour assurer un bon fonctionnement de ces milieux. On considère que la pénurie sédimentaire, d’origine naturelle ou anthropique, est le principal facteur de l’érosion des plages. De fait, l’homme est souvent intervenu consciemment ou inconsciemment sur cette ressource, soit en prélevant des sédiments (sables, galets), soit en contrariant leur déplacement naturel le long de la côte.

Outre les facteurs naturels, les activités humaines influencent l'évolution du littoral et peuvent provoquer l'apparition ou l'aggravation de phénomènes d'érosion. Aujourd'hui, un réchauffement climatique général est observé à l'échelle mondiale. Les océans se dilatent, tandis que les glaciers des montagnes et les calottes polaires fondent. Depuis le XIXème siècle, le niveau moyen de la mer s'est élevé d'environ 20 cm à l'échelle du globe.

Quelles sont les mesures de protection possibles ?

  • Les techniques dites "dures" consistent au déploiement d’ouvrages de protection tels que des digues, des épis ou des enrochements (entassements de roches), qui couvrent 20% du linéaire côtier, soit 2 300 km en cumulé. Ils constituent souvent une solution incontournable lorsque d’importants enjeux (habitations, commerces, etc.) sont concentrés au même endroit, mais ils s’avèrent onéreux.
  • Les solutions fondées sur la nature, plus durables, sont favorisées, telles que l’implantation de végétaux sur les dunes ou les falaises afin de les maintenir, la recharge en sable ou enfin le drainage actif de la plage.
  • Plus compliquée à mettre en œuvre, la maîtrise de l’urbanisme permettrait la réduction de la vulnérabilité. Cependant les élus et les habitants y sont farouchement opposés… 
  • Une dernière solution, plus radicale, passerait par le repli des activités et des biens vers l'intérieur des terres.

L’urgence est belle et bien immanente car les experts du GIEC prédisent une augmentation du niveau de la mer de 50 cm environ d'ici 2050