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La finance de plus en plus solidaire…

© Jacob_09

Malgré la baisse de l’encours des fonds communs de placement d’entreprise (FCPE), celui des FCPE solidaires a progressé quant à lui de plus de 8%.

Même quand la tendance des marchés financiers est incertaine, la finance solidaire continue de progresser. Elle a ainsi atteint 12,6 milliards d’euros en 2018, soit une progression de 8,7%, après une croissance record en 2017 de plus de 18%. Si l’essentiel de la collecte reste tiré par l’épargne salariale, la bonne surprise vient du bond des investissements directs dans les entreprises de l’économie sociale et solidaire (ESS) en dépit de la suppression de l’ISF.

Le canal qui a le plus progressé (+16,8%) est la participation directe au capital des entreprises solidaires, du jamais vu depuis 2011. Avec 651 millions d’euros (contre 558 millions en 2017), il s’agit cependant du plus petit vecteur de collecte de la finance solidaire en termes de volume, loin derrière l’épargne salariale (8 milliards d’euros) et l’épargne via les assurances-vie, livrets d’épargne solidaire et autres FCP proposés par les banques et assurances (3,9 milliards). Cette évolution a même surpris Finansol. « Nous avions beaucoup de craintes concernant la participation directe aux entreprises car, d’une part, les marchés financiers étaient en baisse en 2018 et, d'autre part, la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) rendait beaucoup moins intéressante financièrement la participation aux entreprises solidaires en offrant une défiscalisation » souligne Frédéric Fourrier, responsable de l’Observatoire de la finance solidaire.

Malgré la baisse de l’encours des fonds communs de placement d’entreprise (FCPE), passé de 81,8 à 78,2 milliards d’euros, celui des FCPE solidaires a progressé quant à lui de plus de 8%, passant de 7,4 à 8 milliards d’euros. Un succès notamment imputable à l’obligation faite aux entreprises, depuis 2010, de proposer un fonds solidaire dans leur dispositif d’épargne salariale. A l’intérieur des FCPE, les fonds dits « multi-entreprises », s’adressant majoritairement à des petites structures (PME pour l’essentiel) ont progressé plus rapidement que les fonds dédiés, spécifiques aux grosses entreprises (Carrefour, Danone…), à l’assise financière plus importante.

Enfin, l’année 2018 a bénéficié de la montée en puissance d’un acteur jusque-là moins investi dans le domaine : les investisseurs institutionnels. L’encours de l’épargne via les banques ou les mutuelles d’assurance est passé de 3,6 milliards à 3,9 milliards d’euros, soit une progression de plus de 8%. « Il y a eu un report des participations des particuliers vers les investisseurs institutionnels, souligne Frédéric Fourrier. Cela s’explique par le fait que de plus en plus d’entreprises de produits financiers solidaires se tournent davantage vers les investisseurs institutionnels pour aller chercher plus de volumes, des facilités de gestion, etc.».

Pour autant, Finansol alerte sur l’impact de la suppression de l’ISF sur les participations des particuliers. Ces dernières années, les produits et plateformes de crowdfunding comme Lita.co leur ont facilité la tâche, mais le coup d’arrêt de l’ISF a clairement freiné la dynamique. De 52 millions d’euros en 2017, la collecte auprès des particuliers est passée à 32 millions d’euros en 2018. Le responsable de l’Observatoire Finansol estime que ce levier de développement ne doit pas occulter le fait que les particuliers restent un énorme gisement à explorer, rappelant notamment que les assurances-vie représentent 40% du patrimoine financier des Français. Déjà, il se réjouit que la Loi Pacte impose, à compter de 2022, une unité de compte solidaire dans tous les contrats multi supports, obligation largement soutenue par Finansol.

Dans l’utilisation de ces financements solidaires, la lutte contre l’exclusion capte plus de la moitié de ces derniers. Cette catégorie regroupe le parc du logement très social, l’action sanitaire et sociale accompagnant les projets d’hébergement des personnes handicapées ou dépendantes et l’insertion par l’activité économique. Le financement d’activités environnementales a fortement crû au cours des deux dernières années, au point d’absorber le quart des ressources émanant de la finance solidaire : il recouvre l’aide aux entreprises et associations de la filière biologique ou, plus largement, s’inscrivant dans les logiques de circuits courts agricoles, ainsi que le soutien aux énergies renouvelables. Enfin, le soutien à des projets réalisés dans des pays en développement représente désormais la troisième voie la plus importante dans la répartition des ressources issues de la finance solidaire.