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INFO PARTENAIRE

Des propositions concrètes pour le climat

©Shutterstock/24Novembers

Dans un rapport publié jeudi 18 juin, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) – dans le cadre d'un partenariat avec le Fonds monétaire international (FMI) – présente une série de mesures concrètes pouvant être prises dans le secteur de l’énergie au cours des trois prochaines années.

« Les sommes d’argent qui vont être injectées dans l’économie pendant cette période sont gigantesques », rappelle Fatih Birol, directeur exécutif de l’AIE. « Or, la façon dont l’énergie et le climat vont être intégrés dans les plans de relance va déterminer l’avenir de la planète. L’économie mondiale risque de s’effondrer mais la calotte polaire est aussi en train de fondre. Il faut faire face à ces deux défis en même temps. » Ce plan pour une relance durable détaille trente mesures spécifiques dans six secteurs clés : l’électricité, les transports, l’industrie, les bâtiments, les carburants et les technologies bas carbone.

Pour le mettre en œuvre, l’AIE et le FMI estiment que 1 000 milliards de dollars d’investissements – soit environ 0,7% du produit intérieur brut mondial actuel – seraient nécessaires chaque année entre 2021 et 2023. Cette feuille de route permettrait de stimuler la croissance mondiale de 1,1% par an en moyenne et de créer chaque année environ 9 millions d’emplois, tout en réduisant les émissions mondiales de gaz à effet de serre liées à l’énergie de 4,5 milliards de tonnes d’ici à 2023. Ce plan de relance durable est conçu pour éviter la forte hausse des émissions de carbone qui a accompagné la reprise économique après la crise financière mondiale de 2008-2009.

En un peu plus de 10 ans, les coûts des principales technologies énergétiques propres telles que l'éolien et le solaire photovoltaïque ont énormément diminué, et certaines technologies émergentes comme les batteries et l'hydrogène sont prêtes à changer d'échelle. Les émissions mondiales de carbone ont stagné en 2019 et devraient connaître une baisse record cette année. Si cette dernière, conséquence d'un traumatisme économique, n'a rien de réjouissant, elle fournit un socle à partir duquel les émissions peuvent connaître un déclin structurel.

Par exemple, dans le secteur du bâtiment – à l’origine de 30% des émissions de CO2 liées à l’énergie – les investissements en matière de construction et de rénovation doivent « s’accélérer de manière significative ». L’AIE propose ainsi de prioriser les logements sociaux et les bâtiments publics, pour permettre de baisser les factures des consommateurs et de combattre la précarité énergétique avec ses effets oh combien délétères sur la santé. Le soutien public au développement des énergies renouvelables constitue également l’un des axes majeurs en vue d’une relance durable. Car même si les installations photovoltaïques et éoliennes deviennent de plus en plus compétitives, leur déploiement reste étroitement lié à l’existence d’un cadre politique et juridique favorable.

De plus, des opportunités importantes existent également pour redynamiser les parcs éoliens vieillissants avec la remise à niveau des vieilles turbines. Près de 26 milliards de dollars pourraient ainsi être investis en Europe et aux Etats-Unis au cours des trois prochaines années. Le solaire et l’éolien représentent environ un tiers des emplois liés au secteur de l’énergie. L'agence prône aussi le soutien public à l'innovation pour des technologies comme l'hydrogène, les batteries, les petits réacteurs nucléaires modulaires ou la captation et la séquestration du CO2.

L'AIE s'intéresse encore à la mobilité, préconisant des aides pour encourager l'achat de véhicules plus sobres mais aussi le soutien aux transports en commun ou l'expansion des réseaux de train à grande vitesse. Fatih Birol n’a pas hésité à interpeler les politiques en déclarant que « les gouvernements ont une opportunité telle qu'on n'en rencontre qu'une fois dans la vie pour relancer leurs économies et l'emploi tout en accélérant le passage vers un futur énergétique plus résilient et plus propre. »

François LETT, Directeur du développement éthique et solidaire