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Des banques centrales hyper-réactives

©Shutterstock/Tendo

Après la décision de la Reserve fédérale américaine, la Banque centrale européenne (BCE) a emboité le pas et annonce un programme d'achat d'urgence de 750 milliards d'euros en cas de pandémie (PEPP).

Des décisions qui vont dans le bon sens

1. Un nouveau programme temporaire d'achat d'actifs de titres des secteurs privés et publics va être mis en place. Ceci afin de contrer les risques graves concernant la politique monétaire et les perspectives pour la zone Euro posés par l'épidémie de Coronavirus (COVID-19). Ce nouveau programme d'achat d'urgence en cas de pandémie disposera d'une enveloppe globale de 750 milliards d'euros. Les achats seront effectués jusque fin 2020 et comprendront toutes les catégories d'actifs éligibles au titre du programme d'achat d'actifs existant.

2. Davantage d’actifs seront éligibles au papier commercial non financier au titre du programme d'achat du secteur des entreprises (CSPP), en rendant tous les papiers commerciaux de qualité de crédit suffisante éligibles à l'achat dans le cadre du CSPP.

3 Les normes de garantie seront assouplies, en ajustant les principaux paramètres de risque du cadre de garantie. En particulier, la Banque centrale européenne a décidé d’élargir la portée des créances privées supplémentaires pour y inclure les créances liées au financement du secteur des entreprises. Cela permettra aux contreparties de continuer à utiliser pleinement les opérations de refinancement de l’Eurosystème.

Une Banque centrale déterminée

Le Conseil des gouverneurs fera tout ce qui est nécessaire dans le cadre de son mandat. Le Conseil des gouverneurs est pleinement disposé à accroître la taille de ses programmes d'achat d'actifs et à ajuster leur composition, autant et aussi longtemps que nécessaire. Il explorera toutes les options et toutes les éventualités pour soutenir l'économie à travers ce choc.
Dans la mesure où certaines limites auto-imposées pourraient entraver les mesures que la Banque centrale européenne doit prendre pour remplir son mandat, le Conseil des gouverneurs envisagera de les réviser dans la mesure nécessaire pour rendre son action proportionnée aux risques auxquels nous sommes confrontés. La BCE ne tolérera aucun risque pour la bonne application de sa politique monétaire dans toutes les juridictions de la zone Euro.

Notre analyse

Il a fallu attendre un peu, subir les affres d’une communication maladroite (Christine Lagarde) voire délirante (Gouverneur autrichien), mais maintenant l’artillerie lourde est sortie. « Whatever it takes » on track ! L’enveloppe - fixée à 750 milliards d’euros d’ici fin 2020 - s’ajoute d’une part au Quantitative easing relancé en septembre dernier (180 Mds€ d’ici fin 2020) et à la ligne additionnelle de 120 Mds€ décidée le 12 mars. La BCE va donc acheter plus d’un trillion d’actifs, soit 9% du PIB de la zone Euro, en plus d’un portefeuille d’actifs qui est déjà supérieur à 2600 MdS€ (22% du PIB). La Banque centrale européenne a ajouté quelques nouveautés comme l’éligibilité de la Grèce, la flexibilité dans le respect des règles de capital à la BCE et surtout la possibilité d’acheter des « Commercial Papers » du secteur non financier. Enfin, la BCE a revu ses critères de collatéral afin d’étendre le nombre d’actifs qui peuvent utilisés par les banques dans les opérations de refinancement.

Quelles sont les premières conséquences pour les marchés ?

Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions définitives. Voici notre première analyse.

1. Dettes d’Etat : impact très positif en Eurozone (cf. Italie, Grèce)

2. Marché du crédit : nous sommes plus attentistes. Nous attendons de voir aujourd’hui et dans les prochains jours si cela aura un impact positif sur le crédit et la liquidité mais nous avons un a priori (très) favorable.

3. Marché actions : selon nous, cela n’aura pas de changement significatif à court terme car, pour l’instant, c’est l’incertitude sur la durée et l’impact de la crise sur la croissance qui domine. L’impact auprès de la communauté financière est important et – nous l’espérons - devrait ramener un peu de calme.

Olivier Guillou – Directeur de la gestion

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