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Entretiens

L'impact, nouvelle frontière de l'ESG

Olivia Grégoire Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie, des Finances et de la Relance, en charge de l’économie sociale, solidaire et responsable.
©MEFR

Les discussions autour de la révision du label "Investissement socialement responsable", ou label ISR, n’auront échappé à aucun observateur assidu du secteur de la gestion d’actifs.

La profusion des voix concordantes sur les constats et les objectifs d’une telle révision mérite d’être soulignée. Tout d’abord, le label ISR a été un remarquable instrument du déploiement de la finance responsable en France : au premier trimestre 2021, 690 fonds étaient labellisés, pour un total de près de 470 milliards d’euros d’encours, faisant du label l’un des plus importants en Europe en volume. Ensuite, le second constat sur lequel les parties prenantes s’accordent est que tous les acteurs qui soutiennent l’essor de la finance durable sont prêts à aller plus loin – le gouvernement y compris.

Le contexte s’y prête : l’investissement responsable est une attente forte des épargnants, en quête de placements proches de leurs convictions. Or, ces derniers sont de mieux en mieux équipés pour déceler les tentatives de green ou de social washing – entendons par là les stratégies marketing qui couvrent d’un vernis écologique ou solidaire des produits financiers somme toute peu créateurs "d’impact". Le succès grandissant des applications de comparaison des produits ou des sites d’information spécialisés sont autant de preuves que les consommateurs en général et les épargnants en particulier sont demandeurs d’une gestion plus pro-active et responsable de leur épargne, et sont en attente d’informations supplémentaires, pourvu qu’elles soient accessibles, pédagogiques, et fiables.

"CE QUI SE CONÇOIT BIEN S’ÉNONCE CLAIREMENT"

L’action du gouvernement vise donc à répondre à cette question simple de l’épargnant : "quel est l’impact de mon placement ?". Nous devons nous rassembler sur une vision pragmatique et accessible de l’impact et appliquer ainsi l’adage "Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement". Les épargnants et les détenteurs d’actifs ne cherchent pas des informations sibyllines sur les politiques de gestion. Ils demandent, à côté du rendement financier, des cibles claires sur le "rendement extra-financier" de leur placement : combien d’emplois supplémentaires vais-je contribuer à créer dans les zones défavorisées ? Combien d’émissions de gaz à effet de serre mon placement permettra-t-il d’éviter ? Suis-je en mesure de vérifier que mon argent n’est pas investi dans un secteur d’activité éloigné de mes préoccupations environnementales ? Commencer par cette étape simple nous permettra de mesurer plus facilement, de façon sectorielle ou thématique, "l’additionnalité" de son placement. En somme, l’impact qu’il apporte au-delà de son rendement.

Par Olivia Grégoire Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie, des Finances et de la Relance, en charge de l’économie sociale, solidaire et responsable.

 

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