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En bref

Les géants de la gestion d'actifs encore à la traîne sur l'ESG

L'étude a passé en revue les pratiques d'investissement responsable des sociétés en matière de gouvernance, de changement climatique, de droits humains et du travail et de biodiversité
©Benjysweet/Shutterstock

Sur les 75 plus grandes sociétés de gestion mondiales, 38 "négligent les dommages écologiques et sociaux de leurs investissements", selon une nouvelle étude de l'organisation ShareAction. 

Encore loin du compte. Selon une nouvelle étude de l'organisation ShareAction, 38 des 75 plus grands gestionnaires d'actifs du monde, représentant des encours sous gestion de plus de 38 000 milliards de dollars, "négligent encore les dommages écologiques et sociaux de leurs investissements". Pis, les six plus importants d'entre eux, BlackRock, Vanguard, State Street Global Advisors, Fidelity Investments, Capital Group et JPMorgan Asset Management, pesant plus de la moitié des encours et ayant tous pour point commun d'être basés aux États-Unis, sont tous considérés comme médiocres sur la question, avec une "approche très limitée de la gestion des risques et des opportunités ESG, exposant des millions d'épargnants du monde entier à des pertes financières potentielles à long terme".

Et si d'autres, comme Robeco, BNP Paribas Asset Management, Legal & General Investment Management, APG ou Aviva font de leur côté preuve de "leadership" et constituent une "exception positive", "le secteur dans son ensemble doit encore s'améliorer", pointent les auteurs de ce classement, qui ont passé en revue les pratiques d'investissement responsable des sociétés en matière de gouvernance, de changement climatique, de droits humains et du travail et de biodiversité. "Aucun des gestionnaires évalués n'a démontré une approche fondée sur les meilleures pratiques dans tous les thèmes d'investissement responsable et, par conséquent, aucun n'était qualifié pour la notation AAA ou AA, les deux meilleures notes". 

"Le nombre de mauvais résultats dans le classement est particulièrement préoccupant car tous les gestionnaires d'actifs inclus sont membres du PRI et 75 % ont rejoint Climate Action 100+, mais beaucoup ne parviennent pas à traduire ces engagements publics en une action forte sur une intégration ESG plus large", souligne l'étude, qui met particulièrement en avant l'écart entre les discours et la réalité des pratiques. "Bien que de nombreux acteurs du secteur soient désireux de promouvoir leurs références ESG, notre analyse indique clairement que peu des plus grands gestionnaires d'actifs du monde peuvent prétendre avoir une approche véritablement durable dans tous leurs investissements", commente ainsi Felix Nagrawala, analyste senior chez ShareAction. 

"Nous sommes très heureux d’avoir obtenu la note 'A' et d’être classés au deuxième rang, a réagi dans la foulée Jane Ambachtsheer, Responsable Mondiale du Sustainability Center de BNP Paribas Asset Management. C’est la reconnaissance de tout le travail engagé depuis le lancement de notre Stratégie Global Sustainability lancée il y a tout juste un an, une réelle stratégie d’entreprise qui renforce notre rôle de 'future maker'. Les investisseurs sont de plus en plus sensibles aux impacts sociaux et environnementaux de leurs investissements. Les analyses et classements du secteur comme ceux de ShareAction les aident à mieux comprendre comment les gérants d'actifs mettent en œuvre des pratiques d'investissement durable".

"Nous sommes extrêmement fiers d'être reconnus comme un leader dans le domaine", a pour sa part déclaré Gilbert Van Hassel, CEO de Robeco, cité par Allnews. (...) Une expertise en matière de durabilité ne s'acquiert pas du jour au lendemain, mais il est important et positif de voir autant de gestionnaires d'actifs se joindre aux efforts, car nous ne serons pas en mesure de résoudre seuls de grands problèmes comme le changement climatique. Toutefois, il est tout aussi important que les déclarations faites dans le domaine public soient accompagnées d'actions et d'initiatives concrètes. Ce rapport fournit des informations utiles sur les gestionnaires d'actifs qui joignent le geste à la parole".