Abonnez-vous

En vous abonnant, vous acceptez notre politique de confidentialité.

Dossiers

Dossier: L'économie circulaire, une version alternative de l'économie

©Friends Stock/Shutterstock

Réutiliser au maximum les ressources, recycler, privilégier l’écoconception et la réparation : l’économie circulaire regroupe une multitude d’idées, liées par la volonté de repenser l’économie. La thématique s’impose peu à peu auprès des investisseurs, qui y voient un secteur d’avenir encore peu travaillé par le secteur financier. La déclinaison de la taxonomie européenne sur ces enjeux devrait contribuer encore davantage à son essor.

Parmi les alternatives au système dominant, on peut citer le financement participatif, l’économie sociale et solidaire ou encore l’économie circulaire. A l’image du climat, qui était en premier lieu une thématique d’investissement avant de devenir peu à peu un risque qu’il faut adresser quel que soit le secteur, l’économie circulaire s’impose comme une problématique incontournable des fonds durables. "Les secteurs de la transition écologique de manière générale sont devenus importants pour les investisseurs, en private equity comme sur les marchés cotés. Ils voient les opportunités mais aussi les dangers sur leurs actifs s’ils ne prenaient pas en compte cette transition", détaille Stéphane Villecroze, managing partner au sein de la société de gestion Demeter IM.

Limiter l'utilisation des ressources 

Le concept d’économie circulaire est difficile à résumer en quelques mots. L’Ademe le définit comme un "système économique d’échange et de production qui vise à augmenter l’efficacité de l’utilisation des ressources et à diminuer notre impact sur l’environnement". Concrètement, de nombreux sous-secteurs sont concernés : l’approvisionnement durable, l’écoconception, l’écologie industrielle, l'économie de la fonctionnalité, le recyclage des déchets, la consommation durable ou encore l’achat d’occasion, la réparation des produits font partie de ce vaste écosystème. "Ce que veut l’économie circulaire, c’est de limiter l’utilisation des ressources sans limiter la croissance. Le but est d’utiliser les ressources aussi longtemps et intensément que possible, explique Natalie Falkman, gérante de portefeuille senior de la stratégie RobecoSAM Circular Economy Equities.

S'appuyer sur la taxonomie 

Les investisseurs présents sur ce secteur sont particulièrement attentifs aux évolutions réglementaires et notamment à la taxonomie européenne. L’économie circulaire fait partie des six objectifs environnementaux de l’Union, et devrait faire l’objet d’actes délégués dédiés dans les prochains mois - la date de 2022 avait été évoquée, même si elle semble aujourd’hui peu tenable. "Ce que la taxonomie va apporter, c’est un cadre rationnel. Aujourd’hui, beaucoup d’asset managers et d’entreprises affirment beaucoup de choses, avec un niveau de transparence très bas. La taxonomie va permettre d’amener de l’objectivité sur le marché”, estime Natalie Falkman. Un avis que partage Stéphane Villecroze : “La réglementation pousse à aller plus loin et il y a une vraie volonté de la Commission de travailler avec les acteurs du marché. Cela ne va pas assez vite, mais il faut continuer, lutter, y compris de l’intérieur."

Investir dans les facilitateurs 

Les investisseurs ne sont toutefois pas positionnés sur l’ensemble des secteurs de l’économie circulaire. Ils investissent pour la plupart dans des facilitateurs de l’économie circulaire, c’est-à-dire dans des entreprises qui proposent des solutions de recyclage, d’éco-conception ou autres pour permettre à d’autres d’être plus responsables. "L’économie circulaire est importante pour la transition pour plusieurs raisons : l’aspect de la gestion des matières premières, la baisse des émissions, le gaspillage, le recyclage", note Stéphane Villecroze. Demeter a annoncé en 2022 la clôture d’un nouveau fonds géré via une joint-venture avec les canadiens Cycle Capital, avec un objectif de levée de 150 millions d’euros. Baptisé Circular Innovation Fund et initié par le géant des cosmétiques L’Oréal, il investit dans trois zones prioritaires : l’Amérique du Nord, l’Europe et l’Asie. "Les trois régions font face aux mêmes enjeux, mais n’y font pas face au même rythme. La pression réglementaire, économique et sur le plan des ressources y est très différente."

Préparer l'avenir 

Pour les deux investisseurs, l’économie circulaire est une thématique d’avenir. L’Europe en a fait l’une de ses priorités, et les différents sous-secteurs qui sont sous cette ombrelle pèsent de plus en plus lourd : en France, environ 300 000 emplois sont associés à l’économie circulaire, selon les chiffres du gouvernement. "Aujourd’hui, moins de 8 % des ressources sont recyclées, ajoute Natalie Falkman. En tant qu’investisseur, c’est intéressant d’être positionné si tôt sur ce marché, car cela permet d’identifier les futurs leaders avec une longueur d’avance."

 

Retrouvez l'intégralité d'Investir Durable #13, le magazine de la finance durable. 

 

Retrouvez le dossier en ligne d'Investir Durable #13.