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Environnement

Un aéroport neutre en carbone? Lyon-Saint Exupéry s’y engage

L'aéroport de Lyon-Saint Exupéry.
©ProCip /Robert Harding Heritage/AFP

L’aéroport de Lyon-Saint Exupéry, géré par VINCI Airports, a annoncé sa volonté d’afficher la neutralité carbone en 2026, une démarche ambitieuse pour une telle infrastructure alors que le secteur de l’aviation doit accélérer sa transition.

Par cet effort symbolique, ce géant des infrastructures de transport veut "réaffirmer son objectif d’atteindre le “zéro émission nette“ sur l’ensemble de son réseau d’ici à 2050",comme indiqué dans un communiqué. À l’image de l’aéroport de Gatwick en Angleterre, l’aéroport de Lyon-Saint Exupéry a déjà reçu une accréditation Airport Carbon Accreditation 3+, le niveau 4 étant synonyme de neutralité carbone totale. Parmi les petits gestes déjà engagés et sanctionnés par l’accréditation, l’utilisation d’une flotte de véhicules électriques au sol, ou encore la production d’énergie solaire sur site. Selon l’entreprise elle-même, toutes ces "solutions concrètes" mises bout à bout auraient d’ores et déjà permis de réduire de 22 % l’empreinte carbone du réseau entre 2018 et 2020.

À ce titre, plusieurs possibilités de compensation dite "volontaire" sont répertoriées par l’Agence de la transition écologique (ADEME) : le reboisement ou la protection de forêts existantes, l’investissement dans les énergies renouvelables, et une utilisation plus raisonnée de l’énergie. Si cette dernière option semble exclue dans le cas d’un aéroport, ce sont les deux premières qui ont été retenues par VINCI Airports : à terme, la firme entend poursuivre ses actions de décarbonation par "’absorption des émissions résiduelles via des puits carbone forestiers". L’objectif : pouvoir absorber entièrement le "minimum incompressible" de 400 tonnes de CO2 émises à l'horizon 2026. Le premier d’entre ces puits forestiers, cogéré avec l’Office national des forêts (ONF) et le Conseil Départemental du Rhône, se situe non loin de Lyon-Saint Exupéry, dans la forêt départementale de la Cantinière.

Un processus qui fait débat

Reste que le respect du processus de compensation carbone demeure imparfait et sujet à controverse, comme en témoignent de nombreuses études. Le Monde citait en 2019 les travaux du Oko-Institut, un institut allemand de recherche sur l’environnement, qui estimait que sur 5 655 projets étudiés (couvrant les trois quarts du total), 85 % d’entre eux avaient une "faible probabilité" d’assurer les réductions d’émissions promises notamment par le mécanisme de développement propre (MDP), un organe créé à la suite du protocole de Kyoto. Le principe même de compensation carbone est aussi questionné, notamment pour être un engagement de façade pour l’environnement, compatible avec le "business as usual".

Le secteur de l’aviation reste soumis à des critiques pour le symbole qu’il incarne, de même que les pouvoirs publics qui soutiennent le retour de la croissance du trafic "post-Covid", parfois à contresens des besoins actuels. La nécessité de refonte de ce domaine d’activité polluant a transparu notamment dans les travaux de la Convention citoyenne pour le climat (CCC) en France, à l’image de la suppression des lignes intérieures en cas d’équivalent de moins de 2h30 par voie ferroviaire. Pour rappel, le secteur aérien représenterait quelque 2,8% des émissions totales de gaz à effet de serre mondiales.

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