Environnement

Six ONG dénoncent le report de l'interdiction des objets en plastique

Chaque année, 8 millions de tonnes de plastiques finissent dans les océans.
© Larina Marina /shutterstock

En janvier 2019, le Sénat a adopté un amendement visant à repousser l'interdiction de certains objets en plastique, texte qui doit être discuté le 20 février à la Commission mixte paritaire. À cette occasion, six ONG ont adressé une lettre ouverte aux parlementaires dans laquelle elles leur demandent de rejeter l'amendement.

Alors que 8 millions de tonnes de plastique finissent chaque année dans nos océans, comme le rappelle WWF France, l'interdiction de certains objets en plastique pourrait être repoussée. Un amendement, adopté par le Sénat le 30 janvier 2019, revient en effet sur certaines dispositions de la loi EGalim. Cet amendement vise à reculer d'un an (2020 à 2021) l'interdiction de certains objets en plastique à usage unique (pailles, couverts, bâtonnets mélangeurs) et de finalement autoriser les contenants alimentaires en plastique dans les cantines scolaires, dont l'interdiction était initialement prévue pour 2025. Avec ce texte, les sénateurs expliquent vouloir préserver les emplois de la filière du plastique et s'aligner avec l'interdiction des objets en plastique votée pour 2021 par les eurodéputés, afin d'éviter aux entreprises françaises une distorsion de concurrence avec les pays voisins.

Alors que le texte doit être débattu cette semaine à la Commission Mixte paritaire, six ONG - Zero Waste France, Surfrider Foundation Europe, Cantine sans Plastique France, Bas les pailles, No Plastic in my sea et la FCPE - ont envoyé aux parlementaires, lundi 18 février, une lettre ouverte dans laquelle elles réclament le rejet de cet amendement, jugé "incompréhensible face à l'urgence de la crise de la pollution plastique". Elles rappellent en effet que la consommation mondiale de plastique a doublé depuis le début des années 2000 et ne cesse d'augmenter puisqu'elle pourrait quadrupler d'ici 2050. Les ONG estiment que "c'est en fixant clairement le cap de l'inversion de cette courbe du plastique et de la transition vers un modèle circulaire [...] que les parlementaires peuvent donner de la visibilité aux entreprises". Elles mettent en avant les "projets d'activités économiques basées sur la réutilisation des emballages" qui seraient créatrices d'emplois et qui, faute de soutien de la part des politiques publiques, peinent à émerger. Elles considèrent également que cet amendement va "à l'encontre de l'ambition du gouvernement d'atteindre "zéro plastique rejetée en mer en 2025" tel que prévu dans le Plan biodiversité en juillet 2018".