Environnement

Semaine sans pesticides : trois alternatives insolites

La France consommerait en moyenne 62 000 tonnes de pesticides par an.
©TFoxFoto/Shutterstock

Alors que la 13e édition de la Semaine pour les alternatives aux pesticides suit son cours, ID se penche sur quelques alternatives originales à ces produits chimiques, qui, si elles ne peuvent pas s’appliquer à toutes les cultures, ont le mérite d’exister.

Jusqu’au 30 mars, la Semaine pour les alternatives aux pesticides, organisée par Générations Futures, vise à promouvoir toutes les alternatives aux pesticides aussi bien en agriculture qu’au jardin, ces substances posant selon l’association de défense de l’environnement un véritable problème de santé publique. Rappelons que ces produits (herbicides, insecticides, fongicides…) sont utilisés en agriculture pour lutter contre des organismes nuisibles aux cultures. Certains d’entre eux sont particulièrement controversés, comme le glyphosate, soupçonné notamment d’être cancérogène par le Centre international de recherche sur le cancer. Ces pesticides s’avèrent aussi souvent nuisibles pour l’environnement.

Il existe des solutions pour s’en passer, mais celles-ci dépendent des exploitations, de leur taille, du type de sol cultivé notamment, et leur mise en place reste parfois compliquée (relire notre article sur le sujet et le rapport de l’Institut national de la recherche agronomique). En termes d’agriculture, l'alternative principale aux pesticides consiste tout simplement à s’en passer en ayant recours à l’agriculture biologique. Celle-ci connaît cependant un certain nombre de détracteurs. Du côté de nos jardins, plusieurs pratiques naturelles peuvent être adoptées, telles que le compostage, le paillage et le binage. D'autant que dès le 1er janvier 2019, les jardiniers amateurs ne pourront plus acheter, détenir ni utiliser de produits phytosanitaires.

D’autres alternatives parfois étonnantes à l’utilisation de substances chimiques sur nos balcons, dans nos jardins et même dans des vignes font également parler d’elles :

Des algues pulvérisées sur les vignes

Du côté des vignes, les substances chimiques laissent place… aux algues. Une petite entreprise bordelaise, Immunrise Technologies, a mis en place un traitement à base de micro-algues produisant une molécule dotée de propriétés bio-pesticides, très efficace contre le mildiou, principal fléau de la vigne. Les premières expériences chez certains viticulteurs seraient concluantes : la société attend une autorisation de mise sur le marché du produit.

Des coccinelles à l’assaut des balcons

A plus petite échelle, sur nos balcons, nos terrasses ou dans nos jardins : en juin 2017, 40 000 coccinelles étaient "lâchées" dans Paris ; il s’agissait plus précisément de larves de coccinelles distribuées par la Ville de Paris à tous les Parisiens à la main verte désireux de jardiner sans pesticides. Les coléoptères constituent une alternative efficace aux insecticides, ils représentent une véritable arme contre les pucerons.

Des hôtels à insectes dans les jardins

Comment lutter contre les nuisibles susceptibles d’envahir notre potager comme les limaces, les escargots, les pucerons entre autres, sans utiliser de produits chimiques ? En créant une maisonnette en bois avec plusieurs chambres pour les insectes auxiliaires tels que les pollinisateurs (bourdons, abeilles, papillons…) et les prédateurs (coccinelles, punaises, perce-oreilles…), dans un coin reculé de son jardin. Loin d’être farfelue, cette solution est très efficace : un tel hôtel a vocation à attirer de véritables alliés pour nos plantations, qui contribueront à leur diversité. La plateforme Jardiner autrement nous livre quelques conseils pour fabriquer un hôtel à insectes ici.

©tektur/Shutterstock

Le saviez-vous ?

La France consommerait en moyenne 62 000 tonnes de pesticides par an* et leur présence se fait parfois ressentir dans nos aliments : en février dernier, Générations Futures publiait un rapport affirmant que près de trois-quarts des fruits et 41 % des légumes non bio que nous consommons régulièrement sont porteurs de traces de pesticides.

*Source : Ecophyto/Générations Futures