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Edito

Que met-on dans notre assiette ?

©Africa Studio/Shutterstock

Les lacunes du projet de loi sur l’alimentation et l’agriculture qui vient d’être voté en première lecture à l’Assemblée nationale sont dénoncées par de nombreuses associations. Une occasion manquée pour le gouvernement de prendre une position forte ?

Cette semaine a été marquée par le vote à l’Assemblée du projet de loi sur l’alimentation et l’agriculture. Le texte a été voté en première lecture mercredi. Et ce malgré la gronde de nombreux organismes et associations. 52 d’entre eux se sont regroupés afin de dénoncer dans une tribune les lacunes du projet de loi.

L’interdiction du glyphosate d’ici trois ans n’y est pas inscrite, malgré la promesse faite il y a quelques mois par Emmanuel Macron. Le logo Nutriscore ne sera pas obligatoire sur les produits alimentaires. La vidéosurveillance ne sera pas obligatoire dans les abattoirs. Il y a quelques avancées certes : 50 % de bio ou équivalent dans les cantines par exemple, dont se félicitent d’ailleurs la plupart des signataires de la tribune. Mais est-ce vraiment suffisant ? Quand pourra-t-on enfin manger les yeux fermés les produits que l’on peut trouver en grande surface, sans prendre le risque que cela n’ait une incidence sur notre santé ou sur l’environnement ?

Peut-on faire confiance aux industriels ?

Pour le moment, on compte sur le savoir et l’intégrité des industriels. Pourtant, au vu des dernières études qui lient plats industriels et risque de cancer ou qui dénoncent les ingrédients nocifs, parfois cachés – le sel, le sucre, les additifs, les pesticides – que l’on peut trouver dans certains produits manufacturés, on n’a pas tellement envie de leur accorder notre confiance. Le gouvernement propose des mesures qui resteront optionnelles (vidéosurveillance, logo Nutriscore) pour les acteurs de l’agro-alimentaire. Mais n’est-ce pas le rôle de l’Etat de légiférer plus strictement sur ces questions pour protéger la santé de ses citoyens et préserver la planète ?

Sur qui doit-on compter pour avoir l’assurance de se nourrir sainement ? Sur nous-mêmes, semble-t-il, et sur ceux qui s’engagent à proposer des produits de qualité : du bio, du local, de "vrais" produits dont on connait la provenance. Dommage que ce ne soit pas encore la règle. Dommage que le gouvernement n’ait pas saisi cette opportunité pour prendre une position ferme et surveiller vraiment ce que l’on met dans notre assiette.