Environnement

52 organisations dénoncent le projet de loi agriculture et alimentation

Le Ministre de l'Agriculture, Stéphane Travert, à l'Assemblée Nationale, le 30 mai 2018.
©François Guillot/AFP

Il sera voté en première lecture à l’Assemblée cet après-midi, et pourtant le projet de loi agriculture et alimentation attire déjà la gronde de nombreuses organisations et associations. Ils reprochent au texte de ne pas avoir pris en compte le résultat des discussions menées lors des Etats Généraux de l’Alimentation et de ne pas refléter les promesses de campagne d’Emmanuel Macron.

Action contre la Faim, Agir Pour l’Environnement, Amis de la Terre France, Fondation pour la Nature et l’Homme, Foodwatch, Oxfam France, UFC-Que Choisir, WWF et bien d’autres. Au total, 52 associations et organismes se sont regroupés afin de dénoncer, dans une tribune publiée ce mercredi 30 mai 2018, les lacunes du projet de loi agriculture et alimentation qui sera voté en première lecture à l’Assemblée Nationale aujourd’hui.

Déception des organisations

"Alors que les consensus obtenus lors des ateliers sur les Etats Généraux de l’Alimentation à la fin 2017 promettaient de réelles avancées, quasiment aucune d’entre elles n’a été reprise dans ce projet de loi. A quoi bon ces 35 000 heures de mobilisation et de travaux pour accoucher d'une souris et ignorer les conclusions partagées par une majorité d'acteurs ?" se désolent les signataires. Ils appellent à "un sursaut des parlementaires et du gouvernement" pour prendre en compte ces enjeux, faute de quoi elles menacent de se désolidariser de la loi.

Plusieurs mesures ou impasses font l'objet de critiques. Tout d’abord, l’absence d’inscription dans la loi de l’interdiction du glyphosate d’ici trois ans. Une mesure pourtant promise par Emmanuel Macron, après la décision de l’Union européenne, en novembre dernier, de renouveler la licence de l’herbicide pour cinq ans. Autre déception : le Nutriscore – étiquetage permettant de connaître les qualités nutritionnelles de plats cuisinés et autres produits manufacturés - qui reste optionnel sur les produits alimentaires. Par ailleurs, la future loi ne prévoit pas de rendre la vidéosurveillance obligatoire dans les abattoirs. Ainsi, malgré la promesse faite par le Président au moment de sa campagne, la vidéosurveillance restera facultative, selon le texte, pendant une "durée d’expérimentation de deux ans".

"Tout n’est pas à jeter"

"Tout dans ce projet de loi n’est pas à jeter", tempérait hier dans un communiqué France Nature Environnement, pourtant farouchement opposée au texte tel qu’il est actuellement rédigé. Dans les avancées saluées par la plupart des organisations, on peut noter l’interdiction du dioxyde de titane - nanoparticule probablement toxique -, présent dans de nombreuses confiseries, ou la mesure visant 50 % de bio ou équivalent dans les cantines d’ici 2022.