Edito

Peut-on voyager sans alourdir notre bilan carbone ?

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Le tourisme est à l’origine de près de 10 % des émissions de gaz à effet de serre. Une information qui pourrait nous pousser à revoir nos habitudes de voyage.

On a appris cette semaine que le tourisme est à l’origine de presque 10 % des émissions de gaz à effet de serre. 8 % pour être exact. Cela ressort d’une étude publiée lundi 7 mai dans Nature Climate Change et relayée par l’AFP. Mais se rend-on bien compte de l'importance de ce chiffre, qui devrait pousser chacun d'entre nous à s'interroger sur ses propres habitudes en tant que touriste ?

Le voyage s’est démocratisé et le choix de destinations lointaines est devenu monnaie courante. Pourtant les transports aériens sont à l’origine de 20 % des émissions touristiques. Les populations les plus touchées : celles de certaines petites îles et de destinations populaires telles que la Croatie, la Grèce ou la Thaïlande. L’impact est dû aux transports mais aussi aux biens et services consommés (logement, alimentation, shopping), explique l’étude.

Voyager moins, voyager mieux

Alors qu’est-ce qu’on fait ? Faut-il arrêter de voyager ? Moins et moins loin en tout cas, préconisent les auteurs. Cela parait évident, et pourtant si difficile… Comment faire pour s’évader de son quotidien si on n’a plus la possibilité d’aller flairer le rêve exotique qu’offrent les contrées lointaines et inconnues ?

Et si c’était ça le problème ? Pourquoi a-t-on tant besoin de s’évader ? Ne pourrait-on pas plutôt s’attaquer directement à notre quotidien pour le rendre plus appréciable ? En commençant par exemple par désencombrer son logement pour y voir plus clair dans notre vie, ou en découvrant les bienfaits de la Communication NonViolente, pour améliorer ses relations quotidiennes personnelles et professionnelles.

Et pour profiter tout de même de nos congés payés, en attendant que les avions électriques ne deviennent la norme, ne pourrait-on pas décider de voyager autrement ? En privilégiant d'autres moyens de transports moins polluants tels que le train, le covoiturage, voire même le vélo, pour prendre le temps de découvrir le paysage. Ou encore pour prendre le temps tout simplement d'apprécier chaque moment, plutôt que de céder aux sirènes d’une boulimie de voyages et de découvertes.