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Pays-Bas : des vêtements fabriqués avec des bouses de vache

Matière textile créée à partir de fumier.
©Mestic / Jalila Essaïdi

Le projet, baptisé Mestic, a vocation à revaloriser le fumier et à en faire une nouvelle ressource. 

La "bio-artiste" de 39 ans à l’origine du projet, Jalila Essaïdi, a déjà lancé 12 prototypes de ces vêtements insolites dans son laboratoire à Eindhoven. Ils sont fabriqués à partir de fumier récolté auprès d’éleveurs de sa région et ne rejettent aucune odeur nauséabonde. Jalila Essaïdi tient à payer les éleveurs auprès desquels elle recueille le fumier : "Je suis sûre que dans quelques années, les fermiers pourront le vendre et le monnayer au même titre que le lait".

Elle explique en quoi consiste son travail dans un entretien avec le magazine Korii. Jalila Essaïdi compare la composition du fumier à des "couches de lasagnes" combinant de l’urine et du solide. Son rôle consiste à séparer la partie humide de la partie sèche, "qui donne de la pulpe de cellulose". Cette pulpe est ensuite utilisée pour fabriquer du papier ou des fibres textiles. La partie humide, elle, est fermentée, puis les solvants en sont extraits et transformés en cellulose. 

L’industrie textile est très polluante, alors je me suis dit que ce serait bien d’utiliser cette découverte pour faire des vêtements. Jalila Essaïdi (Korii)

L'idée lui est venue à la suite d’un appel lancé par les pouvoirs publics de la région, afin de trouver une solution pour réduire la quantité de fumier dans le pays. "Le fumier est un énorme problème chez nous. Il peut être épandu pour servir d’engrais dans les champs mais, en trop grosse quantité, il devient un polluant pour les sols", explique-t-elle.  

Le lancement de cette nouvelle marque pourrait répondre à une double problématique : celle de l'utilisation du fumier et celle du développement d'une mode éthique et écologique. La jeune femme nuance toutefois : 

En réutilisant le fumier, on ne traite pas le souci à la racine. L’action la plus écoresponsable dans le secteur de la mode n’est pas de ne rien produire du tout mais de réutiliser des fringues qui existent déjà, à l'image du mouvement d’upcycling.