Environnement

Onze familles touchées par le réchauffement climatique assignent en justice l'Union Européenne

Michel Feschet, membre de la famille française qui assigne l'Union Européenne en justice, aux côtés de Marie Toussaint, présidente de l'organisation française Notre Affaire à Tous. Conférence de presse parisienne du jeudi 24 mai 2018.
©Agathe Palaizines/ID

Ce jeudi 24 mai, onze familles venue d'Europe, d'Afrique et du Pacifique, ont assigné en justice le Parlement et le Conseil européens pour avoir autorisé un niveau trop élevé d'émissions de gaz à effet de serre, portant atteinte à leurs droits fondamentaux.

Onze familles, venues des quatre coins du monde se plaignent d'avoir été les victimes directes du réchauffement climatique. Aujourd'hui, elles assignent le Parlement et le Conseil européens devant la Cour de justice de l'Union Européenne pour avoir autorisé des niveaux trop élevés d'émissions de gaz à effet de serre, ayant conduit à la violation de leurs droits fondamentaux, tels que le droit à la vie, à la santé ou au travail. Elles réclament que l'objectif climat 2030 de l'Union Européenne, actuellement fixé à -40 % d'émissions d'ici 2030, en comparaison avec 1990, soit considéré comme insuffisant. Chapeautée par de nombreuses ONG et des pointures du droit de l'environnement - Gerd Winter, Roda Verheyen et Hugo Leith, cette première action en justice pour le climat au niveau européen est officiellement lancée ce jeudi 24 mai. 

La famille Feschet, lavandicultrice depuis cinq générations, voit ses revenus baisser tous les ans

Parmi ces familles venues d'Europe, d'Afrique ou du Pacifique, Michel Feschet est issu d'une famille française d'agriculteurs depuis cinq générations. Aujourd'hui retraité, c'est son fils qui payerait le prix du réchauffement climatique, tentant péniblement de faire vivre son exploitation de lavandes de 35 hectares en Provence. En six ans, ses revenus ont chuté de 44%, en raison des variations de climat annuelles, qui détruisent les plantations à petit feu, explique-t-il.

Pour la famille Feschet, le but "n'est pas d'obtenir un avantage personnel", mais plutôt de servir d'exemple. Michel le sait, "les dés sont jetés" : ce n'est pas sa plainte qui lui rendra ses lavandes et ses revenus perdus. Mais il espère que cette mobilisation pourra faire bouger les choses pour que "l'Union Européenne s'engage vraiment à baisser ses émissions de gaz à effet de serre". L'action en justice commence aujourd'hui et devrait prendre du temps. La famille Feschet continuera à cultiver son exploitation avec les moyens du bord. À Michel de conclure, "on est tous dans le même bateau et on n'a qu'une planète".