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Nusantara : nouvelle capitale "verte" de l'Indonésie ?

Une illustration de la conception du futur palais présidentiel indonésien dans l'est de Kalimantan.
© HANDOUTNYOMAN NUARTA/AFP

Jakarta devient Nusantara. Le président indonésien, Joko Widodo a annoncé, la semaine du 17 janvier 2022, le nom de la future capitale “verte” de l’Indonésie qui déménagera en 2024 sur l’île de Bornéo. Décryptage.

Les cartes de géographie vont devoir être actualisées. Nusantara est le nom donné à la nouvelle capitale indonésienne qui déménage à 1 500 km de l’ancienne, Jakarta, à partir de 2024. Le 18 janvier 2022, le Parlement indonésien a donné son accord pour le déménagement de la capitale du pays qui se situera désormais à Kalimantan, la partie indonésienne de l’île de Bornéo. 

Jakarta devrait rester la capitale économique du pays. Le projet aurait été annoncé par Joko Widodo de manière unilatérale en août 2019 selon Courrier internationalCette décision fait suite au constat alarmant du président concernant les risques climatiques auxquels la ville fait face. 

Jakarta et les déboires climatiques

Jakarta est notamment sujette aux inondations provoquées par le réchauffement climatique. En février 2021, de nombreux quartiers ont notamment été ravagés à cause de pluies torrentielles forçant l’évacuation de milliers de personnes. La ville subit également un enfoncement dû au pompage des nappes phréatiques. Selon National Geographic, Jakarta s’enfonce de "30 centimètres par an en dessous du niveau de la mer". La situation semble s'aggraver d'années en années à mesure que le niveau global des océans augmente.

D’après un article des Echos publié le 22 janvier 2022, le projet de déménagement développé par le gouvernement reposerait sur un budget d’environ 33 milliards de dollars. La nouvelle capitale devrait s’étendre sur une superficie de 3 000 hectares puis atteindre 200 000 à 300 000 hectares. 

La promesse d'une "ville verte" 

Plusieurs projets "verts" doivent voir le jour. Dans un article daté du 10 février 2020, Courrier international dévoilait les ambitions du président pour qui il était question de "zéro émission", de "transport exclusivement électrique", et de "ville dans la forêt". Dès décembre 2019, Joko Widodo avait promis lors d’un déplacement sur le site de la future ville que la ministre de l’Environnement et des Forêts mettrait en place une pépinière de 100 hectares composée de 17 millions de plantes, comme le relate Courrier international.

Côté énergie, le Jakarta Post signalait, en décembre 2021, qu'un ensemble d'entreprises locales et étrangères avaient commencé à développer un parc industriel vert dans le nord du Kalimantan, sur l'île de Bornéo. Ce parc devrait être alimenté par des centrales hydroélectriques et solaires. Une manière de participer à l'introduction du pays dans le marché des énergies vertes.

D'autant plus que l'Indonésie, grand pays exportateur de charbon, accuse un certain retard dans le développement de ses énergies renouvelables qui doivent représenter "au moins 23% de l'approvisionnement énergétique total du pays d'ici 2025". "La part des énergies renouvelables dans le mix énergétique de l'Indonésie en 2021 était de 11,5%, bien en deçà de l'objectif de 14,5% du Plan national de l'énergie (RUEN)", rapportait l'Agence vietnamienne d'information, le 19 janvier dernier. 

Malgré les ambitions vertes défendues par le président indonésien, le projet de déménagement suscite de nombreuses réticences, notamment du côté du gouverneur de l'est du Kalimantan, Isran Noor. Et pour cause : la région indonésienne de l’île de Bornéo abrite le parc forestier de Bukit Soeharto s’étendant sur 61 850 hectares et connu pour la réhabilitation d’espèces végétales et animales. La construction de la nouvelle capitale pourrait représenter une menace pour cet espace protégé.

Bornéo est également habitée par des populations autochtones qui risquent d'être expulsées. "Au moins 20 000 personnes appartenant à 21 groupes indigènes vivent dans cette zone", indiquent l'AMAN (Alliance des peuples indigènes de l'archipel) à l'AFP. Aucune mesure n'est prévue pour le moment pour protéger les droits fonciers de ces peuples.

Si le gouvernement veut tenir ses promesses "vertes", la préservation de la biodiversité et le respect des droits des populations locales ne devront pas être écartés.

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