Marseille s'arme contre le tourisme de masse pour préserver ses calanques.
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Environnement

Protection de l'environnement : les flux de touristes régulés à Marseille et en Corse

La ville de Marseille et la Corse tirent la sonnette d’alarme face au tourisme de masse. Pour lutter contre l’érosion et préserver la biodiversité fragile de ses lieux naturels, les deux destinations limitent désormais leur nombre de visiteurs pendant la période estivale.

C’est un signal fort que la ville de Marseille et la Corse envoient à ses millions de touristes annuels. Depuis cet été, certaines calanques marseillaises et parcs naturels corses sont accessibles uniquement sur réservation. Une régulation des flux de visiteurs qui doit permettre de faire reculer la dégradation des lieux naturels.

Un patrimoine naturel fragile

"Si nous ne faisons rien, il y a un risque de dégradation irréversible du site, de sa biodiversité et de ses paysages", explique le Parc National des Calanques. L'accès aux mythiques calanques de Sugiton et des Pierres Tombées ne se fera plus que sur réservation. Une première pour un parc naturel français. 

C’est un pas de plus pour Marseille vers le tourisme durable. Depuis quelques années, la ville tente de réduire l’affluence des touristes, notamment en interdisant certaines calanques aux bateaux de plaisance et en bloquant plusieurs accès aux voitures. Des nouvelles mesures qui s’inscrivent dans l’objectif zéro carbone que s’est fixé la ville pour 2030.

Avec leurs 6 millions de touristes annuels, Marseille et la Corse ont vu leurs sentiers naturels piétinés et abîmés par la fréquentation de masse. "Il apparaît indispensable de prendre des mesures fortes pour préserver les milieux et ressources naturels, en intégrant cette protection renforcée dans une stratégie de mise en valeur et de tourisme durable", fait savoir le Parlement corse dans un communiqué de presse.

La période estivale laisse également derrière elle son lot de déchets. C’est ce que constate l’association Clean my Calanques, qui débarrasse les plages marseillaises de tonnes plastiques et de mégots de cigarettes chaque mois.

Lutter contre la surfréquentation

Effet covid ou nouvelle tendance : les Français troquent leurs vacances à l’étranger contre des destinations françaises. Cet été, 56% des vacanciers français passeront leur été dans l’Hexagone selon l’Ipsos. Avec ce nouveau système de réservation, Marseille et la Corse s’arment contre ce tourisme de masse.

Certaines calanques de la cité phocéenne voient désormais leur nombre de vacanciers par jour passer de 2000 à 400. La Corse, elle, veut limiter ses trois sites emblématiques des Bouches de Bonifacio, de la Vallée de la Restonica et des Aiguilles de Bavella à 2000 visiteurs par jour.

Si ces réservations tests se montrent efficaces, d’autres villes pourraient adopter ce mode de préservation de l'environnement. Depuis 2019, une loi sur la régulation du nombre de visiteurs donne la possibilité aux maires d’appliquer des quotas pour préserver la biodiversité des lieux naturels. Des initiatives semblables ont déjà fait leurs preuves dans d’autres villes européennes comme à Amsterdam ou Venise, où les touristes doivent s’affranchir d’une taxe ou réduire leur séjour.

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