Environnement

Les 3 actus qu'il ne fallait pas manquer cette semaine : pétition record, réponse du gouvernement et dioxyde de titane

©Lionel BONAVENTURE/AFP

A la une de l'actualité cette semaine : un record pour la pétition lancée en soutien de l'"Affaire du siècle", la réponse de François de Rugy à cette mobilisation sans précédent et une tribune demandant au gouvernement de prendre des mesures contre le dioxyde de titane. 

C'est un succès historique. Avec plus d'1,8 million de signatures recueillies en l'espace d'une dizaine de jours, la pétition en ligne lancée en soutien du recours en justice engagé par quatre associations contre l'Etat français pour "inaction climatique" est devenue la plus signée de l'histoire du pays, détrônant ainsi la précédente détentrice du record, qui appelait en 2016 le gouvernement à renoncer à la loi Travail dite "El Khomri". A titre de comparaison, celle soutenant la baisse du prix des carburants lancée fin mai atteint aujourd'hui un peu moins d'1,2 million de signatures. 

"Aucun d'entre nous ne s'attendait à un tel succès et aussi rapidement", a expliqué la directrice d'Oxfam France, Cécile Duflot, à l'AFP. "Les questions liées au réchauffement climatique et à la biodiversité sont au centre des préoccupations" a quant a elle estimé Audrey Pulvar, présidente de la Fondation pour la Nature et l'Homme, en réaction à cette mobilisation citoyenne sans précédent. "C'est une réappropriation démocratique : la génération climat veut prendre son destin en main, il est fini le temps des grands discours creux ! Nous voulons pouvoir choisir notre avenir. En matière de climat, plus rien ne sera comme avant", a également analysé Marie Toussaint, présidente de l'association Notre affaire à tous.

Réponse du gouvernement

De quoi faire flancher le gouvernement ? Pas si sûr. En réponse à ce succès, dont il se dit "agréablement surpris", le ministre de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy, a estimé mercredi dans les colonnes du Parisien que "ce n'est pas à des juges de forcer le gouvernement à prendre une loi". 

"Une pétition pour le climat, oui je signe. Une pétition pour attaquer l’État, non. D’ailleurs, il s’agit plus d’un levier d’action politique que d’un réel recours en justice. Les ONG sont dans leur rôle d’aiguillon de l’opinion… Mais ce n’est pas dans un tribunal qu’on va faire baisser les émissions de gaz à effet de serre. Ce n’est pas à des juges de forcer le gouvernement à prendre une loi, ce n’est pas le sens de nos institutions", a-t-il notamment développé, assurant toutefois être "heureux que les citoyens s'expriment pour lutter contre le dérèglement climatique" et égratignant au passage les "gilets jaunes". 

"Le juge administratif influence la loi de manière indirecte. S’il y a une injonction de sa part, l’Etat devra se mettre en conformité", explique pourtant au Monde Jean-Paul Markus, professeur de droit public, dans un article s'interrogeant sur les répercussions potentielles d'une telle action en justice.


Halte au dioxyde de titane

Plus d'une vingtaine d'associations ont appelé lundi 24 décembre, via une tribune publiée par Le Monde et adressée au ministère de l'Économie, le gouvernement à interdire d'ici la fin de l'année l'utilisation du dioxyde de titane (TiO2) dans tous les produits alimentaires vendus sur le territoire. Et donc à respecter une promesse formulée en mai dernier par la secrétaire d’État auprès du ministre d’État, ministre de la Transition écologique et solidaire, Brune Poirson, ainsi que l'avis des députés, qui ont voté cet automne en faveur de la suspension de cet additif dans le cadre de la loi alimentation. Problème : le gouvernement n'a toujours pas pris l'arrêté ministériel nécessaire pour rendre la mesure effective, au motif "qu'il n'y aurait pas de danger suffisamment 'grave ou immédiat' pour activer la clause de sauvegarde au niveau européen". 

Présent dans une grande variété de produits de consommation courante, le dioxyde de titane, que l'on retrouve sous l'appellation E171 dans les aliments, pose problème, selon les associations, lorsqu'il est sous forme de nanoparticules, dont les risques pour la santé humaine sont encore mal connus. L'an dernier, une étude de l'INRA a mis en lumière le lien entre une exposition prolongée à la substance et le développement de lésions colorectales précancéreuses chez le rat, sans que l'on puisse toutefois en tirer des conclusions concernant l'homme, notait toutefois l'organisme. Depuis 2016, la substance est également classée comme "cancérogène probable" par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC).

Mais également...

  • Sécheresses en Australie, en Argentine et en Afrique du sud, cyclones et incendies aux Etats-Unis, inondations au Japon et en Inde... A eux seuls, les dix évènements climatiques les plus destructeurs de l'année ont causé pour plus de 85 milliards de dollars de dégâts, selon une étude de l'ONG britannique Christian Aid. 
  • Dans une enquête dévoilée jeudi, l'association 60 millions de consommateurs révèle la présence de "multiples substances indésirables" dans les colorations pour cheveux. Sur seize d'entre elles passées au banc d'essai, seules six ne contiendraient pas de paraphénylénediamine, de résorcinol et autres p-aminophénol...