Edito

Le plan biodiversité est-il à la hauteur des enjeux ?

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Moins de plastique, moins d’étalement urbain, plus d’aires protégées et une meilleure protection des espèces en danger. Le plan biodiversité présenté cette semaine par le gouvernement recoupe de nombreux domaines. Mais est-il suffisamment ambitieux ?

Le gouvernement a présenté mercredi 4 juillet son plan biodiversité. Pour cette occasion, le Premier ministre et le ministre de la Transition écologique et solidaire s’étaient entourés de 11 autres ministres, affichant leur volonté de prendre le problème à bras le corps. Cette série de 90 mesures fait suite à une consultation publique lancée par Nicolas Hulot pour "éveiller les consciences".

Parmi les mesures annoncées – qui avaient déjà été présentées par ailleurs pour certaines -, celle de "zéro plastique rejeté dans l’océan d’ici à 2025", évoquée par le ministre dès le mercredi matin, qui se traduira notamment par l’interdiction en 2020 au niveau national de plusieurs objets en plastique à usage unique tels que les pailles, assiettes, couverts ou mélangeurs. Egalement, la création de 20 réserves nationales d’ici la fin du quinquennat, 15 % de la surface agricole utile consacrés à l'agriculture biologique d’ici 2022, la réduction de l’usage des pesticides, notamment le glyphosate dont les "principaux usages" seront éradiqués d’ici trois ans, et l’ensemble des usages d’ici cinq ans ou encore l’engagement de protéger 100 % des récifs coralliens d’ici 2025.

Un enjeu crucial

Si les associations saluent la volonté du gouvernement de s’attaquer au problème et de mobiliser sur le sujet de la biodiversité, certaines restent déçues par plusieurs éléments tels que le manque de moyens pour atteindre les objectifs annoncés ou une insuffisance d’ambition.

En effet, on peut se demander si ces annonces sont à la hauteur des enjeux ? Ceux-là même que rappelle le gouvernement dès l’introduction de son plan : le rythme actuel d’extinction des espèces qui est "100 à 1000 fois supérieur au rythme naturel constaté lors des 10 millions d’années passées" et la disparition depuis le début du siècle de plus de 200 espèces. Des écosystèmes "détruits par la surexploitation des ressources de la nature, par l’introduction d’espèces exotiques envahissantes, par le déversement de substances et de produits toxiques pour les écosystèmes ou encore par le changement climatique."

2020, 2022, 2025. Pourquoi tant attendre ? La situation n’est-elle pas suffisamment urgente pour que l’on agisse dès maintenant ? Est-ce si compliqué d’arrêter dès maintenant de déverser du plastique dans l’océan ? Est-ce si compliqué de cesser dès maintenant d’utiliser des substances toxiques, nocives pour l’homme et pour l’environnement ?