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Environnement

Désintox : cinq arguments des climato-sceptiques passés au crible

©BigNazik/Shutterstock

ID s’est entretenu avec François-Marie Bréon, directeur adjoint du Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement, pour discuter intoxs et "climato-scepticisme". Mise au point sur les fausses informations relayées sur les réseaux sociaux à propos du réchauffement climatique. 

De l’autre côté de l’Atlantique, Donald Trump s’est encore une fois fait remarquer par une nouvelle sortie de route sur le climat. Alors que le midwest américain traverse en ce moment une vague de froid si intense que les températures de Chicago rivalisent avec celles du Pôle Nord, le président des États-Unis en a appelé à “ce bon vieux réchauffement climatique”.  

"Soyez prudents et essayez de rester chez vous. De grandes parties du pays font face à d'énormes quantités de neige et un froid presque record. Incroyable à quel point ce phénomène est grand. Ça ne serait pas si mal d'avoir un peu de ce bon vieux réchauffement climatique maintenant!", peut-on lire sur le compte Twitter officiel du "realDonaldTrump"

À l'image du milliardaire américain et président du pays, l’Hexagone connait elle aussi, son lot de "climato-sceptiques". En nous baladant sur les réseaux sociaux, nous avons trouvé quelques fausses informations en libre circulation, qui méritaient rectifications. François-Marie Bréon, climatologue, chercheur et directeur adjoint du Laboratoire des Sciences du climat et de l'environnement, a accepté de se prêter au jeu. Instant désintox : 

Les vagues de froid prouvent qu’il n’y a pas de réchauffement climatique.

"Qu'on me montre un rapport du GIEC où il est dit qu'il n'y aura plus de vague de froid en raison du réchauffement climatique. Personne n'a jamais dit cela. Il y a une vague de froid en ce moment aux États-Unis, comme c'est déjà arrivé dans le passé. Pas tous les ans, certes, mais c'est déjà arrivé. On peut se rappeler de l'épisode qu'à connu la France en 2012. La météorologie est chaotique, donc il y a certaines années où l'on observe des descentes d'air polaire. Des épisodes de ce type, il y en aura d'autres, même s'ils seront certainement de moins en moins fréquents."

Le réchauffement climatique est dû au soleil.

"D'une part, il ne s'est rien passé de particulier sur le soleil depuis ces cinquante dernières années : il y a des variations mais elles sont absolument minimes. Il n'y a donc pas de mécanisme physique connu qui permettrait d'expliquer qu'une variation du soleil influerait sur le réchauffement. Et d'autre part, les années les plus chaudes ont été les dix dernières alors que le soleil a été plutôt moins intense que sur les 40 précédentes. Ce qui démontre bien que cette affirmation est fausse."

©Capture d'écran/Twitter

*Je vais demander encore une fois, est-il possible que le soleil ait plus à voir avec les changements du climat de la Terre que mes douches chaudes compte tenu du fait que le climat a toujours changé avant même que les humains ne soient sur Terre. Tu te souviens de l'âge de glace? Est-ce que l'homme a provoqué le réchauffement de la terre après l'âge de glace ?

On ne peut pas prédire les phénomènes des futures décennies alors que l'on se trompe sur la météo des jours à venir.

"C'est vrai que je ne suis pas capable de vous dire quelle température il fera dans quinze jours. En revanche, je peux affirmer que le mois de juillet sera plus chaud que le mois de mars. La météo a beau être chaotique, on sait toutefois que le soleil sera plus haut dans le ciel au mois de juillet qu'au mois de mars. Pour les même arguments physiques, et du fait du CO2, on peut également affirmer qu'il fera plus chaud en 2090 qu'en 2010."

La fonte des glaces n’augmente pas le niveau de la mer, mais produit plutôt le même effet qu’un glaçon dans un verre d’eau.

©Capture d'écran/Twitter

"Effectivement, si l'on laisse fondre un glaçon dans un verre d'eau, le niveau du verre ne bougera pas. Il se passe la même chose lorsque la banquise (qui flotte sur l'eau) fond : elle n'a aucun impact sur le niveau de la mer. En revanche, si l'on parle des glaciers de montagne, qui sont rattachés à la terre (comme il y en a au Groenland par exemple), leur fonte provoque un écoulement vers la mer, ce qui fait monter le niveau des eaux."

La terre va se réchauffer, mais l'homme est parfaitement capable de s'y adapter.

"En observant le passé, on peut expliquer cela. Il y a 20 000 ans, le climat était plus froid qu'aujourd'hui de seulement cinq degrés, pourtant, les paysages ne ressemblaient en rien à ceux que l'on connaît, des glaciers s'écoulaient sur ce qui est aujourd'hui la ville de Lyon, la végétation n'avait rien à voir et le niveau des mers était 130 mètres plus bas. Pour le climat, cinq degrés, c'est absolument énorme. Cette variation s'est produite en 10 000 ans, or, on parle là d'un changement climatique similaire qui devrait se produire en seulement 30 ans. Donc il y aura forcément des perdants : les précipitations ne se produiront pas aux mêmes endroits, on ne pourra plus cultiver de la même façon, tout cela aura des conséquences majeures."

©Capture d'écran/Facebook

Les climato-sceptiques qui freinent les actions de recul du changement climatique, je pense que dans 50 ans, on reconnaîtra qu'ils étaient des criminels. " - François-Marie Bréon, directeur adjoint du Laboratoire des Sciences du climat et de l'environnement. 

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