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Environnement

Dans l'Yonne, des chasseurs veulent mieux partager la forêt

Les associations de protection de la nature dénoncent une augmentation des menaces à leur encontre.
©OUTDOOR_MEDIA/shutterstock

"Jours de chasse : 9 janvier, 22 janvier, 6 février. Restez prudents !" A Avallon, dans l'Yonne, les jours de chasse sont limités et affichés sur les panneaux municipaux, dans l'idée de faire cohabiter au mieux chasseurs et autres habitués de la forêt.

La forêt communale, aux portes de la ville, est appréciée des randonneurs, coureurs, VTTistes ou cueilleurs de champignons. Sur les bas-côtés des chemins forestiers, la terre retournée témoigne de la présence de sangliers. Ils ravagent aussi des champs alentours. Des chevreuils ont grignoté de jeunes pousses d'arbres dans les sous-bois, menaçant leur croissance. "Nous forestiers voulons un équilibre avec des populations d'animaux qui soient en bonne santé, pas en surdensité", explique à l'AFP François Kocher, responsable à l'Office national des forêts (ONF) qui gère cet espace naturel. Faute de prédateurs naturels, "les chasseurs ont toute leur place."

La France compte un million de chasseurs possédant un permis valide, un nombre qui s'érode de 1 à 3 % par an, selon la Fédération nationale des chasseurs (FNC). Pour la mairie d'Avallon, propriétaire du terrain, il est important "qu'en période de chasse (mi-septembre à fin mars), la forêt ne soit pas octroyée qu'aux chasseurs", signale Léa Coignot, adjointe à la transition écologique. En 2020, la mairie a lancé un appel d'offres avec plusieurs critères : des jours de chasse "hors période vacances scolaires, la prise en compte des différents utilisateurs de la forêt, les techniques de chasse et le (paiement du) prix fixé par la ville", énumère-t-elle.

La société de chasse "Les amis des bois de l'Avallonnais", présidée par Ludovic Fabre, a remporté le bail pour neuf ans. Ses 25 membres, plutôt jeunes, comptant des femmes, ne pratiquent pas la battue, mais la traque affût six dimanches par saison. Contre 18 à 22 jours en moyenne ailleurs, selon la Fédération départementale des chasseurs de l'Yonne. Chaque chasseur est posté sur un petit mirador. Il tire à 360 degrés vers le sol et à 40 mètres maximum, chevreuils et sangliers dérangés par des rabatteurs et leurs chiens. La méthode est "efficace et discrète", fait valoir Ludovic Fabre : un tir plus précis, moins de balles tirées et donc de détonations, peu d'animaux blessés, des chasseurs postés dans les bois et non aux abords des chemins. Il s'agit de "déranger le moins possible les gens" tout en réduisant la pression de gibier.

Dégâts agricoles

Rendez-vous est donné un dimanche au petit matin. La journée de chasse commence par un café et une présentation sur la sécurité. "Pas de consommation d'alcool", "s'il y a des promeneurs, vous déchargez votre arme", "vous ne descendez jamais du mirador" : les consignes sont strictes.

Des chemins, les chasseurs passent quasiment inaperçus, hormis leurs gilets orange. Les chiens donnent de la voix et les rabatteurs de la corne d'appel pour signaler leur présence. Des coups de fusil claquent à intervalles. La mairie d'Avallon a eu "différents retours des habitants, des agriculteurs et même de personnes frileuses par rapport à la chasse" et "la perception est plutôt positive", rapporte Léa Coignot. "Nous avons revu complètement notre communication, avec des articles dans la gazette de la mairie, la communication à l'avance des jours chassés", quand elle était inexistante auparavant, "de peur que ça réveille des plaintes", reconnaît-elle.

Disposer d'un calendrier est "assez confortable" pour Nathalie Berrué, secrétaire du Club Carto (randonnée, trail, orientation). Ludovic Fabre l'a contactée pour expliquer sa démarche, la surprenant "positivement". Pour autant, l'organisation d'une course avec une centaine de participants, comme le club en fait plusieurs fois par an, reste compliquée. Pour un tracé de 16 km, elle a dû contacter cinq sociétés de chasse. "Ce qui faciliterait la vie de tout le monde, ce serait un jour non chassé (...) Mais ça, clairement, je n'y crois pas", dit-elle.

Pierre Bonin, éleveur de charolaises, voit ses prés jouxtant la forêt ravagés par les sangliers. Au début "sceptique - six jours de chasse ça me paraissait juste -", il constate qu'"il y a plus d'animaux tués que ce que faisaient les précédents chasseurs en battue" et espère "voir une différence sur (s)es parcelles" à l'avenir. Des chevreuils sont aussi prélevés en nombre, réduisant la pression sur la forêt. Pour autant, la société de chasse a déjà retrouvé un mirador endommagé. Ces nouvelles méthodes se heurtent à "une peur du changement" chez certains, constate Léa Coignot.

Avec AFP.

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