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Environnement

Climat: les négociations vont s'achever sans avoir parlé finances

Siège des Nations Unies de Genève.
©Jean-Baptiste Premat / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Les questions de financement, cruciales pour la lutte contre le réchauffement climatique, n'ont finalement pas été abordées lors de négociations préparatoires à une conférence climat cruciale, a indiqué à l'AFP Patricia Espinosa, la responsable climat de l'ONU.

A six mois de la COP26 prévue en novembre à Glasgow, les Nations unies avaient convoqué trois semaines de discussions par visioconférence, pour tenter de faire avancer les négociations, même si celles-ci étaient en mode "informel", donc sans prise de décisions fermes. Il s'agissait des premières négociations sur le climat depuis l'échec de la COP25 de Madrid fin 2019.

Mais finalement, alors que ces discussions doivent s'achever jeudi, "tous les thèmes n'ont pas été abordés, tout simplement parce qu'il n'y a pas assez de temps. La finance n'a pas été abordée," a dit Mme Espinosa.

Elle a toutefois estimé que le simple fait de remettre les parties autour de la table, même virtuelle, était positif : "Nous avons réussi à rassembler toutes les parties et à leur faire aborder des thèmes importants. C'est important, car depuis un an et demi nous n'avons pas pu nous rencontrer du tout", en raison de la pandémie, a-t-elle souligné.

Les discussions devaient notamment porter sur les règles d'application de l'accord de Paris, dont les questions de transparence, des marchés de compensation carbone, de suivi des engagements de baisses d'émissions et des contributions financières.

Il faut "bien plus" que cent milliards

L'accord de Paris formalisait ainsi un engagement des pays riches d'accroitre leur aide climat aux pays pauvres pour atteindre 100 milliards de dollars par an en 2020. Une promesse qui n'est pas encore atteinte, mais que le sommet du G7 la semaine dernière a réaffirmée.

Ces questions de financements inquiètent les pays pauvres exposés aux conséquences du réchauffement. L'alliance des petits Etats insulaires (AOSIS) a ainsi tweeté après le sommet du G7 :  "L'accord de Paris était construit sur la confiance. Et peut s'écrouler aussi facilement si cette confiance est brisée".

Mme Espinosa a souligné que la mise en oeuvre des engagements financiers constituerait "un élément central pour un succès à la COP26". "Cent milliards, c'est beaucoup, mais nous savons aussi qu'il en faut bien plus pour mener les profondes transformations nécessaires. Nous sommes face à un problème dont l'origine se trouve dans la façon dont le monde développé a assuré sa croissance, donc nous avons un problème mondial et des responsabilités".

Les pourparlers ont en outre été compliqués par le format en ligne, tenu sur différents créneaux horaires pour ne léser aucun participant, et qui s'est révélé "épuisant", a souligné Mme Espinosa.

Avec le financement, le maintien dans la ligne de mire de l'objectif haut de l'accord de Paris - contenir le réchauffement global à +1,5°C - sera l'aune du succès de la COP26, a-t-elle à nouveau souligné. Mais pour cela, les pays doivent augmenter encore leurs engagements de réduction d’émissions de gaz à effet de serre, a-t-elle insisté.

Avec AFP.