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Environnement

Climat : des projections de réchauffement peut-être trop optimistes selon une étude

©Piyaset/Shutterstock

Les projections de réchauffement élaborées par l'ONU à partir des engagements et des politiques de réduction d'émissions de gaz à effet de serre sont plus incertaines qu'on ne le pense, insiste une étude publiée lundi.

Selon les dernières estimations de l'ONU, malgré les nouveaux engagements à 2030 annoncés juste avant et pendant la conférence sur le climat COP26, le monde se dirige toujours vers un réchauffement "catastrophique" de 2,7°C d'ici à la fin du siècle, loin des objectifs de l'accord de Paris de le limiter bien en deçà de +2°C, si possible +1,5°C, par rapport à l'ère pré-industrielle.

Mais la précision apparente de ces prévisions induit en erreur, selon l'étude publiée lundi dans la revue Nature Climate Change, dont plusieurs auteurs ont également participé à l'élaboration de l'évaluation de l'ONU qu'ils mettent en cause.

A cause de la "précision trompeuse" des annonces faites pendant la COP26 de Glasgow, "les pays pourraient croire qu'ils font des progrès alors que l'inverse est peut-être vrai", commente l'auteure principale Ida Sognnaes, du centre de recherche CICERO à Oslo.

"Notre étude est une prévision"

La plupart des projections climatiques se basent sur des modèles qui partent de la température finale souhaitée pour 2100 - +1,5°C ou +2°C par exemple - et cherchent à rebours à établir quels leviers seraient nécessaires pour y parvenir, en ajustant des variables comme l'utilisation du charbon ou le développement des renouvelables.

Mais "notre étude est une prévision", insiste Glen Peters, également chercheur à CICERO. "Nous modélisons où les politiques existantes nous emmènent et nous regardons où nous arrivons".

Sept groupes de modélisation climatique ont utilisé cette méthode pour évaluer les engagements pris pour 2030 par les quelque 200 pays signataires de l'accord de Paris. Résultat, des estimations allant de +2,2°C à +2,9°C.

Mais si les chiffres eux-mêmes ne sont pas si éloignés de ceux de l'ONU, les chercheurs mettent en avant leur manque de certitude.

"Si on regarde la partie inférieure de la fourchette, cela pourrait laisser croire que nous sommes vraiment proches des objectifs de l'accord de Paris (...) Mais il est tout aussi probable que le réchauffement soit autour de 3°C, ce qui nécessiterait des politiques bien plus fortes", indique Glen Peters à l'AFP.

La plupart des études sur les impacts du réchauffement de la planète comparent un scénario du pire dans lequel les émissions continuent à augmenter sans ralentir, à un scénario extrêmement optimiste conduisant à un monde à +1,5°C. La réalité se situant très certainement entre ces deux extrêmes.

Avec AFP.

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