Avec une moyenne à 30 °C, le 24 juin a établi un nouveau record de chaleur en France et devient la journée la plus chaude jamais enregistrée depuis 1946. Ce jeudi, 72 départements sont placés en vigilance rouge. Alors que l'été n'a débuté que dimanche dernier, cette vague de chaleur extrême remet au premier plan la question de l'adaptation au changement climatique.
Une réflexion engagée depuis plusieurs années. Le gouvernement avait ainsi présenté, le 25 octobre 2024, la troisième version du Plan national d'adaptation au changement climatique (PNACC). Élaboré sur la base d'une trajectoire de référence à +4 °C en France hexagonale d'ici 2100, il comprend 52 mesures et plus de 200 actions organisées autour de cinq grands axes :
- protéger la population en adaptant les logements et les lieux de travail aux fortes chaleurs;
- renforcer la résilience des territoires et des infrastructures pour adapter les réseaux d'eau, d'électricité et de transport;
- adapter l'économie et les activités humaines afin d'accompagner les entreprises dans l'anticipation des risques climatiques;
- protéger le patrimoine naturel et culturel et préserver les écosystèmes qui constituent une protection naturelle contre les impacts climatiques;
- mobiliser la société et développer la recherche scientifique.
Il ne s’agit donc plus de seulement réduire les émissions de gaz à effet de serre mais de s’adapter. Pourtant, à chaque nouvelle canicule, le constat est le même : nous ne sommes pas prêts.
Les fonds verts divisés par trois en trois ans
Si le PNACC fixe une feuille de route, sa mise en œuvre repose en grande partie sur les moyens accordés aux collectivités territoriales, en première ligne face aux conséquences du changement climatique. Parmi les principaux outils de financement figure le Fonds vert.
Créé en 2023, le Fonds vert disposait à l'origine d'un budget de 1,5 milliard d'euros, progressivement porté à 2,5 milliards. Il avait pour objectif de donner aux collectivités des moyens financiers rapides pour accélérer la transition écologique et renforcer leur adaptation au changement climatique.
Depuis, ses moyens ont fortement diminué. Le projet de loi de finances pour 2026 prévoit une enveloppe de 837 millions d'euros, soit un budget presque trois fois inférieur au niveau atteint quelques années plus tôt, dans un contexte de réduction des dépenses publiques.
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La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a elle-même reconnu que les moyens alloués restent insuffisants face aux besoins. Pourtant, ce dispositif est largement utilisé par les collectivités territoriales. Selon le ministère, près de 9 000 projets ont été financés en 2024 et près de 10 000 communes ont bénéficié d’un accompagnement. Parmi les actions soutenues, environ 20 % des crédits du Fonds vert ont été consacrés à la rénovation de bâtiments publics.
Mais les collectivités doivent financer de multiples investissements comme la gestion de l'eau, la protection contre les inondations ou les incendies. Tout en faisant face à l'augmentation des dépenses liées à la multiplication des événements climatiques extrêmes. Dès le lancement, l'Association des maires de France avait d'ailleurs souligné qu'un fonds dédié ne pouvait suffire si les communes demeuraient confrontées à l'inflation, à la hausse des coûts de l'énergie et à des critères d'accès parfois jugés trop complexes.
Météo France nous indique qu’il y a de fortes probabilités pour qu’à partir de la semaine d’après, nous revenions à des chaleurs extrêmes qui pourraient effectivement nous amener jusqu’au 14 juillet.
"À chaque canicule, c’est pareil, on n’est pas prêt, on est pris par surprise, et on se retrouve à la prochaine canicule avec le même scénario ", a déploré François Gemenne sur RTL.
Entre contraintes budgétaires, priorisation encore insuffisante des enjeux climatiques et manque de temps, la France accuse un retard dans son adaptation face aux températures extrêmes. Alors même que Monique Barbut a déclaré au micro de France Inter que "Météo France nous indique qu’il y a de fortes probabilités pour qu’à partir de la semaine d’après, nous revenions à des chaleurs extrêmes qui pourraient effectivement nous amener jusqu’au 14 juillet".
Si les épisodes de chaleur extrême sont amenés à devenir plus fréquents, les politiques d'adaptation s'inscrivent, elles, dans le temps long. Entre les besoins d'investissement, les contraintes budgétaires et les délais nécessaires à la réalisation des projets, les effets des mesures engagées ne pourront être visibles qu'à moyen et long terme.