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Environnement

Elevage local, contrat de "sensibilisation aux bons soins" : cette animalerie défend une démarche éthique

A partir du 1er janvier 2024, les animaleries auront l'interdiction de présenter des animaux domestiques en vitrine.
© Levent Konuk/Shutterstock

A l’heure de la lutte contre la maltraitance animale, la question des conditions de détention et de vente d’animaux domestiques dans les animaleries fait débat. A Moult (Calvados), Kévin Servager a choisi d’ouvrir une boutique d’un nouveau genre. Issus de leur propre élevage, les lapins sont exposés dans un parc. Les oiseaux et poissons proviennent, quant à eux, d’éleveurs locaux. Zoom sur cette initiative. 

Exit les cages pour lapins. Près de Caen, à Moult (Calvados), l’animalerie Nivanaka, qui a ouvert ses  portes le 25 novembre dernier, expose ces animaux dans un enclos de 8m2, sans grillage, vitre ou barreaux. "On sort du contexte des animaleries traditionnelles. Nous élevons notamment les lapins nous-mêmes, et limitons le nombre de portées à deux par an", lance le co-gérant Kévin Servager. 

Associé avec sa femme, il a investi dans un champ de deux hectares pour notamment y installer son élevage, et construire une ferme pédagogique. L’idée de ce projet est née d’un constat. "Après avoir remonté la chaîne de distribution des animaux de compagnie, nous avons remarqué que leur production était semblable à celle des animaux à viande. Les conditions d’élevage ne sont pas toujours très bonnes. Les lapins ont par exemple un espace qui correspond à une feuille A4", explique l’entrepreneur de 28 ans, qui a travaillé comme vendeur animalier dans de grandes enseignes pendant douze ans. 

Favoriser l’élevage local 

En plus des lapins, son animalerie propose également des oiseaux à la vente. Installés dans une volière de 10m2, ils sont tous issus d’élevages locaux et français, assure Kévin Servager. "Nous travaillons par exemple avec un éleveur de la Dame Blanche Lisieux, et d’autres éleveurs professionnels membres de l’association AOCC Les amis des oiseaux de Caen et du Calvados", appuie-il.  

Même son de cloche pour les poissons et les crevettes présents dans les aquariums, décorés uniquement avec "des plantes naturelles cultivées localement".  

La défense de l'adoption

Si l’animalerie prône le bien-être animal, l’ouverture de cette nouvelle adresse a suscité quelques réactions sur les réseaux sociaux. Au milieu des commentaires positifs, quelques remarques d'opposants à la vente d'animaux de compagnie ont jailli sous un post publié en décembre sur la page Facebook "Outrouverquoiacaen".

"On adopte, on achète pas !", peut-on lire. Un discours que soutiennent les associations de protection animale depuis de nombreuses années, à l'image de One Voice. A travers son action "Animaleries ? Je refuge !", lancée en 2018, cette organisation souligne que les refuges sont "saturés de chats et de chiens ne demandant qu’à s’investir dans un nouveau foyer".  

Avec la pandémie, le nombre d’abandons a particulièrement progressé. Dans un tweet, posté le 17 janvier dernier, la Société protectrice des animaux (SPA) indiquait avoir recueilli plus de 45 000 animaux en 2021 sur l'ensemble du territoire. 

  

"L’adoption reste une alternative à privilégier", reconnait Kévin Servager de l’animalerie Nivanaka, avant d’ajouter : "mais en tant que commerçant, on ne peut pas vivre uniquement d’amour et d’eau fraîche". 

Développer un certificat d'engagement

Adoptée par le Parlement le 18 novembre, la loi visant à renforcer la lutte contre la maltraitance animale durcit les conditions de vente pour les professionnels du secteur. A partir du 1er janvier 2014, ils ne pourront plus vendre de chiens ou de chats dans leurs animaleries. Il sera également interdit de présenter les animaux en vitrine donnant sur la rue. Une avancée pour les défenseurs de la cause animale.

Le nouveau texte prévoit également que "les futurs primo-propriétaires d’un chat ou d’un chien ou d’autres animaux de compagnie" devront "signer un certificat d’engagement et de connaissance des besoins spécifiques de l’espèce". Un délai de réflexion de 7 jours sera imposé "entre la délivrance du nouveau certificat, et l’achat ou le don de l’animal". 

Avec son concept, Kévin Servager a pris de l’avance, et innove en proposant un "contrat de bonne conduite avec les acheteurs". En cas de doute sur les motivations du futur adoptant, son animalerie se réserve le droit de refuser une vente. "Pour établir ce document, nous nous sommes inspirés des contrats établis pour l’adoption d’animaux en refuge. Après douze ans en animalerie, je me suis rendu compte que le papier faisait réfléchir les clients et limitait les achats d’impulsion", explique le professionnel qui souhaiterait voir ce type d'initiative essaimer.

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