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HUMEUR

Allain Bougrain-Dubourg : "Le bruit des tronçonneuses couvre le chant des oiseaux"

Allain Bougrain-Dubourg, grand défenseur de la cause animale, président de la Ligue pour la protection des oiseaux.
©XAVIER LEOTY / AFP

Ça n'a pas trainé. Au lendemain du déconfinement, nous nous sommes précipités chez le coiffeur tandis que bon nombre de municipalités faisaient de même en tailladant la végétation.

La coupe rase semblait s'imposer comme une urgence. La nature qui "reprend ses droits", ça commençait à bien faire, elle devait rentrer dans le rang. Alors on a fait appel à l'armement lourd. Sécateurs télescopiques, tronçonneuses, débroussailleuses, échenilloirs et autres tailles haies à bras articulé sont sortis du placard pour venir à bout d'une nature insolente. Sauf que le code rural est d'une clarté indiscutable : "en application du dernier alinéa de l'Article D-615-50-1 (…) il est interdit de tailler les haies et les arbres entre le 1er avril et le 31 juillet". Cette mesure de bon sens vise tout simplement à éviter d'anéantir notamment l’avenir du petit peuple des airs, en pleine période de nidification.

Ainsi donc, on s'est ému d'entendre le chant des oiseaux pendant le confinement et on s’accommode du bruit des tronçonneuses meurtrières au lendemain du déconfinement. Nos anciens avaient-ils conscience qu'il convenait d'épargner la nature au printemps ? La tradition de l'élagage se pratiquait en automne, après la chute des feuilles, dès lors que les arbres amorçaient une phase de repos. On savait qu'au printemps, alors que la sève engageait son ascension, les coupes provoqueraient des écoulements préjudiciables pour les bouleaux, les noyers, les tilleuls et autres érables.

Si l'on peut admettre que certaines coupes s'imposent pour des raisons de sécurité, il est inadmissible de tolérer une pratique assassine.

Beaucoup de municipalités seraient bien inspirées de revisiter les textes dont elles doivent assumer la responsabilité. De même, elles pourraient aviser les citoyens qui se rendent souvent complices du déclin de la biodiversité en taillant dans leur jardin sans en mesurer les conséquences.

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