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Environnement

Acidification des océans : les scientifiques au secours des huîtres

Des huîtres plates sur un site de restauration de l'Ifremer, à Plougastel-Daoulas (Finistère), le 29 septembre 2021.
© FRED TANNEAU/AFP

Une étude de l’Ifremer et du CNRS mesure actuellement les effets combinés du réchauffement climatique et de l’acidification des eaux côtières sur plusieurs générations d’huîtres. Une illustration de l’apport des sciences océaniques pour la préservation de la biodiversité marine, à l’heure du réchauffement climatique et du “One Ocean Summit” qui démarre ce mercredi 9 février à Brest. 

Mieux vaut prévenir que guérir. Alors que l’océan enregistre des records de chaleur, sous l’effet du réchauffement climatique, des scientifiques s’intéressent aux conséquences de l’augmentation de ces températures sur les organismes marins. Les huîtres et les moules sont notamment dans leur viseur. Et pour cause : l’excès de CO2 entraîne une acidification de l'eau de mer mais provoque également une diminution de la concentration en carbonate de calcium, un élément chimique essentiel pour la construction de leur coquille et leur squelette interne.

“Les chercheurs ont pu mettre en évidence que les mollusques, placés dans des conditions plus acides, présentent une coquille moins épaisse et plus légère, suggérant une moindre résistance à la prédation et aux chocs (vagues ou manipulations conchylicoles)”, note l’Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer) dans un article publié le 6 février dans The Conversation

Depuis janvier 2020, l’institut public mène, en partenariat avec le CNRS, une étude pour mesurer les effets du réchauffement climatique et l’acidification des océans sur plusieurs générations de bivalves. “C’est une première. Jusqu’à présent, les études réalisées dans le monde s’intéressaient aux effets à court terme sur une seule espèce à un stade de développement donné sans prendre en compte les effets d’autres facteurs de stress, comme la température ou la nutrition”, expliquait Fabrice Pernet, chercheur en biologie marine et coordinateur du projet CocoriCO2, lors d’une conférence de presse en ligne le 2 février dernier. 

Des solutions pour aider la filière conchylicole 

Dans le cadre de ce projet, un réseau de sondes a été déployé du nord de la Bretagne jusqu’à la Méditerranée. Deux stations expérimentales ont également été installées à Porscave (Finistère) au sein du centre technique conchylicole du CRC Bretagne-Nord, et en Méditerranée à Mèze (Hérault). “Dans ces deux bassins, des huîtres creuses, des huîtres plates et des moules sont maintenues dans des conditions de température et pH prévues en Atlantique et Méditerranée pour 2050, 2075 et 2100 par le GIEC. Le cycle des marées est reproduit et le phytoplancton pour alimenter les animaux provient du milieu naturel, ce qui permet d’être proche de la réalité”, informe l’Ifremer. 

Les relevés doivent se poursuivre jusqu’en 2023. Ces données seront précieuses pour les professionnels du monde conchylicole, qui s’inquiètent du devenir de leurs cultures. Les scientifiques planchent déjà sur des solutions d’adaptation. "On ne remédiera pas au problème du réchauffement. Mais il existe des pistes pour réduire l'acidification", témoigne Fabrice Pernet, coordinateur du projet CocoriCO2. Parmi celles-ci : l’utilisation de macro-algues qui pourraient permettre de diminuer le ph, et rendre le milieu plus alcalin (basique). 

Aux quatre coins du monde, d’autres chercheurs et chercheuses tentent d'imaginer des solutions pour une meilleure protection de l’océan, et de ses habitants. A l’occasion du One Ocean Summit, qui se tient du 9 au 11 février à Brest, plusieurs d’entre eux viendront présenter quelques-uns de leurs travaux, lors d'un forum organisé en amont des négociations. Une manière de rappeler le rôle “essentiel” que peuvent jouer les sciences océaniques dans la lutte contre le réchauffement climatique. En octobre 2021, à l’occasion de la COP26, la campagne internationale “One Ocean Science”, portée par 37 scientifiques de 33 pays, martelait déjà ce message. 

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