Ces "e-cars", qui sortiront sous "plusieurs marques" du groupe, seront fabriquées à Pomigliano d’Arco (Italie), dans une usine qui a notamment produit la Fiat Panda, a précisé le groupe. Ces voitures sont l'exemple type des petites citadines abordables qui ont fait le succès de l'industrie automobile européenne, jusqu'à ce que les constructeurs européens, Stellantis en tête, ne privilégient des modèles plus chers.
Le groupe aux quatorze marques (Peugeot, Citroën, Fiat, Chrysler, Opel, Jeep, Ram...), qui a perdu des parts de marché en Europe depuis quatre ans, mise sur ces modèles pour reconquérir les consommateurs européens et promet un "design innovant" ainsi que "des technologies électriques de pointe". C'est aussi une stratégie de résistance à la vague de voitures chinoises électriques bon marché qui déferle sur l’Europe. Stellantis suit l'exemple de Renault et Volkswagen, qui depuis 2024-2025 ont commencé à baisser leurs prix et à développer ou annoncer des petites voitures électriques abordables.
"La e-Car est un véhicule électrique, compact, innovant et abordable, développé dans la tradition européenne de la mobilité pour tous. Elle répond à la contraction sans précédent du segment des petites voitures abordables en Europe ces dernières années", a expliqué le directeur général de Stellantis, Antonio Filosa, cité dans un communiqué. Cette initiative permettra aussi au groupe italo-franco-américain de répondre aux exigences de l'Union européenne, qui imposent aux constructeurs automobiles un pourcentage croissant de voitures électriques dans leurs ventes en Europe. Bruxelles avait annoncé fin 2025 que le décompte serait plus favorables pour les petites voitures électriques bon marché produites en Europe.
Un créneau encore rare
Jusqu'à tout récemment, rares encore étaient les modèles électriques vendus moins de 20 000 euros en Europe, et encore moins ceux produits sur place. Mais depuis quelques mois, en combinant des rabais accrus des constructeurs et des primes à l'achat parfois très élevées dans certains pays de l'UE, plusieurs modèles se vendent sous les 15 000 euros, le nouveau Graal du marché. Le plus avancé, Renault, a sorti dès 2024 sa Renault 5 électrique, proposée en France autour de 2 000 euros une fois déduite la prime à l'achat, ce qui était déjà une nouveauté.
En avril, Renault a enfoncé le clou en sortant, après seulement deux ans de gestation, une Twingo électrique autour de 15 000 euros primes déduites, ce qui en a fait la moins chère de France et parmi les moins chères d'Europe. Elle est fabriquée en Slovénie avec en partie des pièces chinoises. Face à Renault, Stellantis a lancé mi-2024 une Citroën e-C3 électrique, fabriquée en Slovaquie, et proposée autour de 20 000 euros au départ. Mais le groupe a fait des efforts de prix et elle est actuellement affichée à partir de 13 000 euros environ, sous réserve de bénéficier de la prime à l'achat maximale, réservée aux revenus modestes.
Le groupe a aussi lancé l'an dernier une Fiat Panda électrique, fabriquée en Serbie, également positionnée à partir de 13 900 euros remises et primes maximales déduites. Et c'est aussi Stellantis qui distribue en Europe la petite T03 électrique de son partenaire chinois Leapmotor, modèle électrique très bon marché qui cartonne dans l’UE. Son prix catalogue a été abaissé en début d'année à 15 900 euros et par exemple en Italie, des primes à l'achat très élevées - qui contrairement à la France s'appliquent aussi aux voitures chinoises importées - ont permis à la T03 d'être offerte à moins de 5 000 euros pour les plus modestes en début d'année. Les clients se sont précipités. Déjà en juin 2025 le président de Stellantis John Elkann plaidait pour des petits modèles électriques bon marché en Europe, inspirés des "kei car" japonaises, minivoitures électriques très bon marché.
Avec AFP.