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Le reconditionnement de véhicules à l'échelle industrielle

© HABRDA / Shutterstock

Des dizaines d'hommes en polo noir s'activent dans un atelier géant planté au milieu d'un parking de 4 hectares sur la petite commune de Donzère (Drôme) où des rangées d'automobiles d'occasion attendent une remise à niveau avant d'être revendues.

Depuis 2014, la plateforme de distribution de véhicules Aramis Auto reconditionne des véhicules à grande échelle sur ce site qui se veut unique en Europe. Avec des taux de croissance à deux chiffres, l'entreprise créée en 2001 surfe sur l'engouement des Français pour les voitures d'occasion alors que les voitures neuves sont de moins en moins accessibles à leur pouvoir d'achat. Le business a aussi une vertu écologique. Le reconditionnement "permet de prolonger la vie des voitures", explique Nicolas Chartier, co-fondateur de la société, qui met aussi en avant les 120 emplois créés localement.

Réparer plutôt que remplacer pour diminuer l'impact environnemental

Selon lui, les garages traditionnels, au fonctionnement plus artisanal, ne sont pas organisés pour réparer aussi vite et à moindre coût. Ils ont aussi tendance à changer des éléments entiers plutôt que de les réparer, car les frais de remise à niveau sont généralement pris en charge par les assureurs après un accident. Réparer, plutôt que jeter et remplacer, afin de préserver l'environnement, fait partie des démarches favorisées par le gouvernement qui présentait mercredi en conseil des ministres son projet de loi "pour une économie circulaire".

L'atelier de Donzère est organisé comme une usine, avec un flux de véhicules enchaînant différentes étapes : contrôle technique, révision mécanique, reprise de la carrosserie, contrôle qualité et nettoyage complet en fin de cycle avant une séance au laboratoire photo pour prendre les clichés aussitôt diffusés sur internet pour accompagner l'annonce de vente. Pendant qu'un opérateur fait tourner la roue d'une Peugeot 208 montée sur un pont élévateur, pour vérifier si les disques de frein ne sont pas voilés, un autre ponce une pièce en tôle qui va être repeinte.

Six fois plus rapide que les garages traditionnels

Dans le bâtiment de plus de 5.000 m2, trois équipes qui se relaient jour et nuit reconditionnent entre 60 et 65 véhicules par jour, explique le directeur du site, Rémi Pigeol. Il porte, comme tous les employés, le polo affichant son prénom et le logo de l'entreprise. "On peut aller jusqu'à l'installation d'un moteur neuf si ça en vaut la peine", explique-t-il, en soulignant que le "processus industriel" permet un reconditionnement six fois plus rapide que les garages traditionnels pour un coût 30 % inférieur. La moitié des 12.000 véhicules d'occasion traités l'an dernier ont été rachetés à des particuliers, l'autre moitié à des loueurs

Leader de l'occasion à l'ambition européenne

Aramis, racheté fin 2016 par le constructeur automobile PSA, est devenu l'un des plus grands sites français de commerce en ligne. Il ambitionne de devenir un acteur européen. Le groupe, qui s'est développé en Espagne en 2017, puis en Belgique en 2018 grâce à des rachats, a réalisé l'an dernier 700 millions d'euros de chiffre d'affaires. Il enregistre "une croissance entre 10 et 15 % par an en moyenne, tirée uniquement par le véhicule d'occasion", une activité démarrée en 2010, souligne M. Chartier. Selon lui, "à terme, Donzère ne suffira pas, il y aura besoin d'un deuxième site".

Le reconditionnement sous garantie

Le marché de l'occasion est en plein essor en France, avec 5,6 millions de véhicules vendus à des particuliers l'an dernier en France, soit plus de cinq fois le volume du neuf. Les acheteurs recherchent des prix bas mais craignent aussi d'être victimes d'arnaque ou bien de tomber sur un modèle défectueux. Pour lever ce frein, Aramis offre une garantie d'un an minimum et la reprise de la voiture dans un délai de 15 jours suivant la vente en cas d'insatisfaction.

Pour que l'affaire soit rentable, la qualité du reconditionnement est cruciale. Dans les 12 mois suivant une transaction, un client d'Aramis sur cinq doit repasser au garage avec son véhicule, "cela représente deux fois moins d'avarie que la moyenne du marché qui est de 40 %", affirme M. Chartier.

Avec AFP

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