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Entreprises

Habitat participatif : la start-up "Ô fil des voisins" accompagne ceux qui veulent se lancer !

Siham Laux, co-fondatrice d'"Ô fil des voisins".
©@dimicology

Vivre à la fois ensemble et chacun chez soi, partager sa machine à laver, soutenir son voisin en cas de besoin, lier des amitiés... L'habitat participatif est une belle façon de penser son quotidien autrement. Se lancer dans un tel projet demande toutefois un certain accompagnement : c'est là qu'interviennent les services d'"Ô fil des voisins".

Derrière "Ô fil des voisins", il y a Siham et Amandine, 38 ans toutes les deux. Employées au sein du Groupe La Poste, elles ont décidé de créer cette start-up il y a un an, après être passées par le programme d’intrapreneuriat du Groupe. L'idée : une plateforme pour faciliter les projets d'habitats participatifs. Ces projets qui consistent, pour un groupe d'habitants, à choisir un lieu de vie, à y faire construire ou à rénover des espaces privatifs et d'autres mutualisés, et à imaginer une charte de valeurs communes de partage et de vivre ensemble. 

"Il s'agissait au départ un projet personnel que je trouvais un peu complexe à mettre en œuvre", précise Siham, cette habitante de Rambouillet dans les Yvelines, qui a découvert le co-habitat, ou "co-housing", aux États-Unis et au Canada, tandis que celui-ci est très peu commun en France. "L’habitat participatif est très peu connu des professionnels que je rencontre, nous devons encore 'éduquer' le marché. Cela nécessite beaucoup de pédagogie."

"Nous retrouvons différentes motivations pour s’engager dans un projet d'habitat participatif, explique l'entrepreneure. Par exemple, je suis un senior et je ne veux pas vieillir seul, ou j'ai une famille avec des enfants jeunes et j'ai envie de connaître mes voisins. Et au niveau des services à mutualiser, on peut se dire par exemple que cela n'a pas forcément de sens d'avoir chacun sa machine à laver à la maison !"

©Siham Laux

S'il existe aujourd'hui des applications d'entraide de quartiers, Siham note qu'il n'est malgré tout pas évident, entre voisins lorsque l'on se connaît à peine, d'en venir à l'étape où l'on se prête les clés de voiture et où l'on garde les enfants des uns et des autres. "On s’en sert surtout pour se prêter l’appareil à raclette ou des outils pour bricoler. Et c’est déjà un bon début, remarque-t-elle. Je me suis dit qu'il y avait d'autres manières de proposer des logements. C'est un peu chasse gardée des professionnels de l’immobilier en France où le marché est très règlementé : en tant que particulier, on n'a pas toujours son mot à dire : tu arrives, tu choisis ta maison, tu signes, et on ne te demande pas comment tu veux vivre. D’ailleurs on voit la différence avec les pays du nord de l’Europe, comme l’Allemagne ou les Pays-Bas, qui comptent 15 à 20 % de projets en co-housing quand en France nous sommes en dessous de 1 %. C’est très culturel, mais pas seulement."

©Siham Laux

Un service d'expertise

Si des associations locales existent sur le territoire pour guider les porteurs de projets d'habitats participatifs, cela reste très artisanal, selon Siham, et fonctionne avec le bénévolat. "C’est compliqué de développer un nombre plus important de projets dans ces conditions, pointe-t-elle. L’expertise et les compétences sont très morcelés dans ce domaine."

La plateforme "Ô fil des voisins", aujourd'hui constituée d'une équipe de cinq personnes, propose ainsi tout d'abord un parcours "Vivre autrement", gratuit. "Pour reprendre le pouvoir, il faut comprendre dans quoi on met les pieds, soulève l'entrepreneure. On finit par avoir le conseil quand on signe son offre d'achat chez le notaire ! Nous aidons donc les particuliers à s'auto-former : qu'est-ce-qu'un PLU ? À quoi sert un architecte ? Si je fais une offre d'achat, quelles sont les conditions à prendre en compte ? Et les professionnels aussi doivent se mettre sur le créneau : on les accompagne également et ils sont de plus en plus nombreux à nous suivre." 

©dimicology

Au-delà de ce parcours, le travail de l'équipe d'"Ô fil des voisins" consiste à "orienter et à réfléchir au collectif". "C'est de la facilitation, précise Siham. On va mettre les particuliers en relation avec les professionnels et les projets, regarder le cas de chaque client, faire de l'accompagnement sur le montage de dossiers financiers, défendre les dossiers pour qu'ils passent, chercher un notaire, un architecte... Cela donne une légitimité au projet et montre que c'est du sérieux. On trouve une solution personnalisée en fonction des profils des futurs voisins."

©Siham Laux

Des voisins qui "matchent"

Concrètement, quand un particulier ou un foyer souhaite se lancer dans un projet d'habitat participatif et recherche ses futurs voisins, la plateforme va organiser des rencontres : un outil digital permet d'effectuer une sélection en prenant en compte la situation géographique et les envies de chacun. Il n'y a aucune sélection selon le genre ou l'âge, et les projets sont au maximum intergénerationnels. "Ensuite, ils se rencontrent, soit avec nous, soit sans nous : on souhaite favoriser un maximum l’autonomie des groupes !", précisent les co-fondatrices. Si le groupe s'entend bien, il peut rechercher son futur habitat partagé : soit un terrain, soit un lieu à rénover.

©dimicology

"C'est la phase chantier, celle où l'architecte intervient, poursuit Siham. Nous mettons à disposition des clients une charte de valeurs, ou plutôt les outils nécessaires pour la construire, et nous pouvons leur proposer, via des partenaires, des formations, en communication non-violente par exemple."

La mise en place de ces projets va durer entre six mois et deux ans en moyenne. Six projets sont actuellement en cours grâce à "Ô fil des voisins", qui n'a pas uniquement vocation à accompagner des projets d'habitats participatifs de A à Z et peut simplement intervenir sur des demandes ponctuelles. "Nous pouvons par exemple aider des groupes déjà constitués sur leurs projets", explique Siham. La plateforme propose par ailleurs une carte des projets d'habitats participatifs en cours pour lesquels il manque par exemple un ou deux voisins.

"Ô fil des voisins" en chiffres :

- Six projets en cours ; 566 répertoriés sur la cartographie

- 3500 voisins ont suivi le parcours "Vivre Autrement"

- 1700 foyers prêts à se lancer dans un projet

"On parle beaucoup de vivre ensemble aujourd'hui, avec des propos plus ou moins négatifs, mais vivre ensemble c'est simplement se connaître, avoir moins de préjugés sur l'autre et plus de tolérance. L'habitat participatif, ça peut être simplement : j'ai ma maison, mon espace privé parce que j'ai besoin de mon intimité, et je partage des espaces avec mes voisins, on se connaît et on travaille sur d'autres modèles de fonctionnement", de conclure l'entrepreneure. Cette dernière conseille aux éventuels intéressés de bien se renseigner en amont à titre personnel, en se référant notamment au site d'"Ô fil des voisins", qui détaille un certain nombre de points. Direction notamment le parcours Vivre Autrement (possibilité de s'abonner à la newsletter pour avoir chaque semaine des informations et des actualités ainsi que les projets à rejoindre", ou encore le groupe privé sur Facebook : Vivre en habitat participatif pour l’échange de savoirs. Pourquoi ne pas également visiter l'un de ces lieux de vie à l'occasion du Mois de l'habitat participatif, en mai ?

"Ô fil des voisins" poursuit son déploiement en France, en fonction des demandes rencontrées et des besoins exprimés sur la plateforme.

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En partenariat avec Ô fil des voisins.