500 entreprises vont s'engager à ouvrir davantage leur recrutement aux territoires ruraux et aux quartiers défavorisés et agir contre les discriminations à l'embauche.
© Dominykas Sen / Pexels
Entreprises

Discrimination géographique à l'embauche: 500 entreprises s'engagent sur des objectifs chiffrés

Quelque 500 entreprises vont s'engager à ouvrir davantage leur recrutement aux territoires ruraux et aux quartiers défavorisés et agir contre les discriminations à l'embauche, via une charte fixant des objectifs chiffrés, a annoncé mardi la ministre Aurore Bergé.

 

"On n'a pas accès aux (...) mêmes opportunités , à la fois quand on est issu d'une commune très rurale et quand on est issu d'un quartier prioritaire politique de la ville", a rappelé sur BFM Business la ministre en charge de la Lutte contre les discriminations, y voyant une "géographie de l'injustice" concernant "42% des Français".

"On risque de mettre de côté 42% des compétences", a-t-elle prévenu.

La charte, issue de la campagne "Talents de France" lancée début 2026, contient des "objectifs chiffrés pour développer la diversité territoriale, ouvrir davantage l'accès aux stages et à l'alternance, renforcer le mentorat et lutter plus efficacement contre les discriminations", détaille le ministère dans un dossier de presse.

Des mesures concrètes 

Les entreprises signataires s'engagent notamment à atteindre "8% minimum de recrutements issus des quartiers prioritaires et des territoires ruraux" et "atteindre progressivement 15% de stages et d’alternances occupés par des jeunes issus de ces territoires".

Elles devront aussi "faciliter l’accès à un premier entretien professionnel pour les jeunes diplômés issus de ces territoires, en proposant un accompagnement complet" avec du coaching ou des solutions adaptées à l'éloignement, comme "la visioconférence ou la prise en charge des déplacements".

En interne, elles s'emploieront à "déployer des actions de formation pour les recruteurs et les managers, structurer des dispositifs d’alerte" ou instaurer "des outils d’évaluation, notamment via des questionnaires, pour mieux comprendre le vécu des salariés".

 500 premières entreprises 

Selon le ministère, les premiers signataires sont 500 premières entreprises, qui "rassemblent près d’un million de salariés", et plusieurs collectifs, "qui représentent à eux seuls 20 millions de salariés".

"On a des entreprises qui s'engagent, pas sur une déclaration de principe (mais) sur des engagements chiffrés, ce qui change quand même beaucoup la donne, avec un suivi annuel de ces engagements", a vanté Mme Bergé, qui va présenter mardi matin au ministère cette initiative, nourrie par plusieurs mois de travaux de groupes de travail dans les territoires.

Dans le cadre de cette campagne, le ministère avait lancé en début d'année un "testing" avec l'envoi de 16.000 CV répondant à 4.000 offres d'emploi réelles dans 20 secteurs d'activité.

Le bilan, initialement envisagé en juin, est désormais attendu en septembre mais "les premiers résultats" montrent, selon Mme Bergé, que "malheureusement" des discriminations "persistent" selon l'origine, l'adresse ou le genre des candidats.

Avec AFP