"Nous nous opposons avec la plus grande fermeté au projet de décret relatif à l'encadrement des prix de vente au détail des carburants. Ce texte est injuste, inapplicable et illégal", indiquent les dirigeants de la Fédération du Commerce et de la Distribution (FCD) dans leur missive datée de mardi et signée par les dirigeants de Carrefour, Auchan, Intermarché, Leclerc et Coopérative U, soit les cinq premiers distributeurs français.
"Nos marges sur les carburants sont de 1 à 2 centimes par litre, elles couvrent à peine les coûts d'exploitation", se défendent les distributeurs, pour qui "ce sont les raffineurs-distributeurs qui ont capté des marges brutes considérables depuis le début du conflit en Iran", et ce alors que, toujours selon les distributeurs, "ce décret ne leur impose strictement rien".
Le projet de décret, consulté mardi par l'AFP, vise notamment à "éviter des effets d'aubaine", selon la fiche de présentation du projet de texte qui doit être soumis à l'avis du Conseil national de la consommation et du Conseil d’Etat. Toutefois, la décision d'encadrer ces marges de distribution, "n'est pas tranchée", a indiqué Matignon à l'AFP.
"Une erreur technique grave"
Depuis l'annonce du cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l'Iran, le gouvernement peine à obtenir des baisses tangibles des prix à la pompe, malgré la pression mise sur les distributeurs, et rejette toute "aide universelle" aux automobilistes pour tenir son objectif de rigueur budgétaire. Le texte prévoit notamment que le prix de vente autorisé soit fixé en tenant compte du prix de référence quotidien de l'essence ou du gazole calculé sur la moyenne lissée des 5 derniers jours (ou 5 dernières cotations) sur le marché de Rotterdam.
Les distributeurs pointent ici "une erreur technique grave", car le prix glissant sur cinq jours "décorrèle le prix de référence réglementaire du coût réel du carburant en cuve", ce qui aurait pour conséquence de contraindre les distributeurs à "vendre à perte", une "atteinte directe" à leur "liberté d’entreprise". En lieu et place de ce texte, les distributeurs proposent de suspendre "temporairement" la collecte des Certificats d'économies d'énergie (CEE), qui représente "15 à 20 centimes par litre" sur le prix du carburant.
Avec AFP.