Education/Citoyenneté

Philippe Augier, maire de Deauville: pourquoi la ville rejoint #FilltheBottle

Philippe Augier, maire de Deauville
©@PAugier

Début août, la commune de Deauville située en Normandie s'est engagée à rejoindre le mouvement "FillTheBottle" initié sur les réseaux sociaux. Ayant comme objectif la limitation des déchets, la ville cherche ainsi à éveiller la conscience de ses citoyens face à cette pollution. Rencontre avec le maire de Deauville, Philippe Augier.

Nous pourrions commencer par parler du mouvement  "FillTheBottle" que Deauville a décidé de rejoindre pour le mois d’août, quelle forme cela a-t-il pris pour votre commune ?

À Deauville, on peut dire que cela a pris la forme d’une offre à la population. Toute bouteille qui nous reviendra remplie de mégots donnera droit à deux entrées à la piscine ou à un accès à un court de tennis pendant une heure.

Pourquoi avoir suivi ce mouvement et avoir mis en place cette démarche pour la première fois dans votre commune ?

C’est-à-dire que nous sommes engagés dans cette bataille contre la limitation des déchets en liberté, le plastique dans les océans, les mégots, etc… Depuis deux années, nous faisons participer des bénévoles à des ramassages sur la plage. Nous multiplions les actions en ce sens. J’ai découvert celles menés par "FillTheBottle" et j’ai trouvé que c’était une très bonne idée. Nous l’avons donc ajouté à notre chapelet d’actions.

À ce jour, avez-vous déjà un premier bilan chiffré sur cette action ?

Non, il n’y a pas de bilan chiffré. À mon avis, ce qui compte surtout, c’est la sensibilisation que cela représente. Lorsque nous avons lancé l’opération "FillTheBottle" sur les réseaux sociaux, il y a eu une reprise extraordinaire ! Donc ça circule, cela sensibilise de la même façon que nous nettoyons notre plage toutes les nuits pendant l’été. Je pense que c’est surtout ça qu’il faut que nous arrivions à faire, sensibiliser les gens. Le nombre de mégots ou de bouteilles n’a pas une grande importance à mon avis.

Cela permet quand même de mesurer la participation citoyenne à ce type de dispositif, c’est aussi ça l’idée non ?

Oui absolument. Le soir, alors que notre plage n’est pas très belle à voir compte tenu de l’incivisme de la grande majorité des gens, nous faisons des ramassages avec l’aide de 50 ou 60 bénévoles. Ces bénévoles sensibilisent ceux qui sont encore sur la plage puisque nous faisons ça aux alentours de 18h. Pour le moment, je n’ai pas encore de retour car nous avons lancé cette opération la semaine dernière, je n’ai pas les premiers chiffres.

Sur les réseaux sociaux, on voit fleurir cette question : est-ce qu’on ne met pas dans une forme de confort ceux qui sont dans l’incivilité en se disant que, de toute façon, les autres vont ramasser ? 

On peut toujours penser qu’il y aura des effets contraires, moi je ne pense pas. Je pense qu’il y a une vraie sensibilisation. Nous avons beaucoup d’employés municipaux sur la plage et chacun est en responsabilité d’interpeller les gens qui se conduiraient mal. Je pense que, peu à peu, nous allons marquer des points. Si jamais cette sensibilisation ne se faisait pas et si la situation ne s’améliorait pas, alors il faudrait probablement en venir à des contraventions. Mais, pour le moment, on est sur le thème de la sensibilisation. On vient de sortir à Deauville une plaquette qui s’appelle "Savoir vivre à Deauville" et où l’on aborde tous ces problèmes d’incivisme.  Nous allons vraiment être dans la sensibilisation permanente.

Le mégot est une petite bombe à retardement écologique. Est-ce que vous ne pensez pas qu’il serait temps de sortir d’une forme de prévention et enfin de dire à quelqu’un qui jette son mégot, c’est 250 ou 350 euros ?

Je pense qu’il faut une répression en parallèle de la sensibilisation bien évidemment. Mais je ne pense pas que c’est en appliquant des amendes importantes à quelques-uns qu’on réussira à résoudre le problème. En fin de compte, je pense qu’il ne sera résolu seulement si l’ensemble de la population est sensibilisé. Bien sûr, il restera ceux qui sont à réprimer, à ce moment-là on y viendra. Mais ici, nous avons choisi de commencer par la sensibilisation. Et le deuxième temps, ce sera la répression.

On peut considérer que l’urgence climatique sur les sujets de pollution, de biodiversité, etc… est bien présente. Quelle sera votre part en tant que collectivité sur les prochaines années ?

Eh bien nous allons nous attaquer à la disparition, ou en tout cas à la réduction de tout ce qui est en plastique conformément à la charte que nous allons signer sur le plastique. On va s’y mettre dans tous les services.

C’est la principale action à venir pour la ville sur ces sujets ?

Dans l’immédiat, oui. C’est une action assez conséquente. Supprimer tout ce qui est en plastique peu à peu dans les services publics et même en fonctionnement interne de la mairie, c’est un pas très important.

Une interview réalisée en partenariat avec France Inter. Pour écouter la chronique Social Lab, c'est par ici :

 

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