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Education/Citoyenneté

Le mouvement Boycott Citoyen appelle à des journées "Zéro Conso" les 15 et 16 mars

©Fabrik Bilder / Shutterstock

Deux marches pour le climat sont organisées les 15 et 16 mars. Le mouvement Boycott Citoyen propose de suivre un objectif "Zéro Conso" lors de ces deux journées afin de remettre en question nos habitudes de consommation. 

L'appel à la mobilisation lancé pour les 15 et 16 mars vise à protester contre l'inaction climatique des gouvernements. Le mouvement "Boycott Citoyen" propose que ces deux journées soient également guidées par l'objectif suivant : ne rien consommer. ID en a discuté avec Carole Galand, fondatrice du mouvement. 

Qu’est-ce que le mouvement "Boycott Citoyen" ? 

C'est un mouvement qui est né après les marches du 8 septembre en se basant sur une idée simple : puisque l'on n’est pas entendus en tant que citoyens et qu’il y a une urgence climatique, peut-être que l’on peut changer la donne en axant nos choix de consommation sur des produits plus responsables et en boycottant les grands groupes irresponsables. 

Quel était le motif de votre dernier appel à la mobilisation ? 

La dernière fois, c'était après qu’Auchan ait lancé l'idée de supermarchés sans employés. Nous avons décidé de tester notre propre idée : celle de supermarchés sans clients. Cela suit la ligne directrice de l’opération "Février sans supermarché", qui a été lancée en Suisse il y a trois ans. L’objectif est d’essayer de changer nos réflexes de consommateur en délaissant les supermarchés au profit des circuits courts. 

Que proposez-vous exactement pour les journées du 15 et 16 mars ? 

Les 15 et 16 mars auront lieu des grèves climatiques. Le 15 sera une journée de mobilisation de la jeunesse et une mobilisation plus globale aura lieu le 16 mars, à la suite d'un appel lancé par les mouvements citoyens nés dans le cadre des marches pour le climat. Nous voulons appuyer ces grèves climatiques en proposant des journées "Zéro Conso". L'idée est de ne faire aucun achat, de laisser sa carte bleue à la maison, de ne pas faire de mouvement bancaire, de ne pas acheter en ligne ou dans la rue, en bref : de ne pas consommer. Cela permettra d’analyser nos réflexes de consommation. Nous voulons aller plus loin en proposant des appels du type "Éteindre la lumière" ou "Couper la télé" : cela permettra de réfléchir à des pratiques quotidiennes que l’on n’a plus l’habitude de questionner. 

Pouvez-vous nous expliquer à quoi ressembleront ces journées "Zéro Conso" ? 

C’est une journée où l’on pourra s’ouvrir, car la non-consommation est un moyen d’expression. On lance un message lorsque l’on décide de ne pas retirer d’argent à BNP Paribas par exemple, ou en n’achetant pas de repas servis dans de la vaisselle en plastique. Il s'agira simplement d'une journée où l’on sera plus connectés avec les gens autour de nous, où l'on va un petit peu plus réfléchir à ce dont on a besoin et à comment l’on peut passer cette journée à la fois dans la réflexion et dans la joie. Je pense que cette notion de joie est importante : beaucoup de gens peuvent penser que se restreindre est déprimant. Au contraire, cela peut être un moyen de libérer sa créativité, sa curiosité, de se rapprocher d’autres citoyens qui, comme nous, souhaitent évoluer dans leurs habitudes de consommation. 

Est-ce une prise de conscience globale que vous recherchez ? 

Absolument. Nous sommes à un moment très important où le changement de paradigme devient de plus en plus évident. Face à ce changement de paradigme nécessaire, on se sent souvent impuissant, on a l'impression qu'en tant que citoyen on représente peu de poids dans la balance. Cela peut être assez anxiogène. Face à cette angoisse, il faut agir. Lorsque l’on s’aperçoit que l’on n’est plus tout seul, on commence à percevoir le pouvoir que peuvent représenter nos pratiques quotidiennes. Par exemple, on ne se rend pas compte que l'utilisation de notre boîte mail ou que nos achats sur Amazon peuvent avoir un impact important à l'échelle mondiale. Le boycott citoyen invite à réfléchir à ces gestes simples et à étudier les alternatives qui sont à notre disposition. En ce qui concerne notre messagerie, il y a la boîte mail Lilo qui propose un comportement plus responsable avec des mails non sauvegardés. L’alternative à Amazon serait de se tourner vers les commerces de proximité. Cela peut sembler peu, mais c’est beaucoup car cela permet de recréer du lien social et de sortir d’un état d’esprit qui veut que l’on gagne toujours plus de temps. 

Vous n'avez pas peur que cela passe pour un appel à la mobilisation trop radical ?

Il y a un peu de radicalité, mais il y a un moment où il faut devenir radical. Il y a de plus en plus d'appels à la désobéissance civile, et même le chef de l'ONU a proposé aux sociétés civiles de se mobiliser face à l'inaction climatique des dirigeants. C’est le moment de passer à l’action, de se remettre en question, mais surtout d’arrêter de penser que cela va se faire dans la douceur, petit à petit. Nous n’avons plus le temps. Alors oui, cela peut sembler radical, mais je pense que cela est nécessaire

Voici la chronique sur France Inter :