"Nous voyons une forte accélération des voitures électriques parmi les entreprises, notamment sous la demande des collaborateurs qui veulent la meilleure fiscalité pour les avantages en nature", ont indiqué Guillaume Maureau, directeur général adjoint d'Ayvens France et David Decultot, directeur conseil d'Ayvens France, lors d'une conférence téléphonique.
"Les grandes entreprises vont rapidement vers l'électrification, mais dans les PME la part du thermique reste encore élevée, et parfois même majoritaire", précisent-ils. La fiscalité automobile, un millefeuille que le budget 2026 doit encore faire évoluer, est cruciale pour le choix des entreprises, qui représentent 54% des 1,6 million de voitures neuves vendues en France en 2025, contre 46% (745.000) pour les particuliers, selon l'Observatoire Cetelem.
Une croissance des ventes en hausse
Portées par les entreprises, les ventes de voitures électriques ont ainsi augmenté de 12,5% en 2025 en France, sur des ventes globales en baisse de 5%. Ces voitures électriques, si elles sont fabriquées en Europe, bénéficient de primes de 400 à 500 euros et échappent à la plupart des taxes, notamment le malus écologique sur les émissions de CO2 ou le poids.
De plus, leurs propriétaires bénéficient d'un abattement de 70% sur l'avantage en nature que représente une voiture. A l'inverse, cumulées, ces taxes alourdissent le coût d'une voiture thermique de plusieurs milliers, voire plusieurs dizaines de milliers d'euros.
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Ayvens constate aussi une hausse des véhicules utilitaires électriques - qui bénéficient de primes jusqu'à 4.450 euros - mais restent très minoritaires. La France a par ailleurs vu en 2025 une chute des ventes d'hybrides rechargeables (-25,8%), largement pour raisons fiscales, souligne Ayvens. En effet, au vu de leurs émissions à l'usage - leurs propriétaires négligent de les recharger et roulent à l'essence - leur taux d'émission a été relevé en 2025, ce qui a alourdi leur fiscalité.
Spécificité française, l'écoscore, qui exclut des primes et avantages fiscaux les véhicules fabriqués en Chine, a joué pour freiner leur progression. "Les constructeurs chinois ont du mal à pénétrer le business des flottes en France", ajoute Ayvens.
Avec AFP.