La chaleur s'installe durablement en France et les équipements de rafraîchissement tournent à plein régime. Plusieurs centaines de records de température mensuels ont été battus ou égalés cette semaine et au moins 7 morts ont été enregistrés en lien avec la chaleur. Pour faire face aux fortes températures, les Français se tournent massivement vers les ventilateurs et la climatisation. Un réflexe devenu presque incontournable lors des vagues de chaleur, malgré la hausse du coût de l'électricité et les préoccupations environnementales.
À l'été 2025, les ventes de ces équipements de rafraîchissement ont fortement augmenté. Sur la semaine du 8 au 14 juin, les ventes de ventilateurs ont bondi de +253,9 % et celles de climatiseurs de +612,2 %. Cette hausse spectaculaire des achats illustre la multiplication des épisodes caniculaires observés ces dernières années. Elle pose aussi la question de la consommation électrique de ces appareils et de leur impact sur la facture énergétique des ménages. Reste une question : entre ventilateur et climatisation, lequel est le moins énergivore ?
La climatisation, efficace mais énergivore
Plus coûteuse à l'achat, la climatisation séduit pourtant de plus en plus de ménages en raison de son efficacité immédiate lors des fortes chaleurs. Contrairement au ventilateur qui brasse simplement l'air ambiant, le climatiseur refroidit réellement une pièce grâce à un fluide frigorigène circulant dans un circuit fermé. L'appareil aspire l'air chaud, capte les calories présentes dans la pièce, puis rejette l'air refroidi à l'intérieur du logement. La chaleur récupérée est ensuite évacuée vers l'extérieur via une unité dédiée ou une gaine d'évacuation.
Selon l'Ademe, un climatiseur consomme environ 304 kWh d'électricité par an en moyenne. Mais la consommation varie fortement selon les régions et les habitudes des ménages. Dans le Sud-Est de la France, où les logements sont souvent plus équipés, la moyenne passe à 482 kWh d'électricité par an. La climatisation est par ailleurs responsable de près de 5 % des émissions de gaz à effet de serre du secteur du bâtiment. Cette consommation augmente fortement lors des épisodes de canicule, notamment lorsque les appareils fonctionnent jour et nuit.
Le ventilateur, champion de la sobriété énergétique
Bien moins énergivore, le ventilateur est l’appareil électrique à privilégier en cas de fortes chaleurs. Pour renforcer la sensation de fraîcheur, il est recommandé de mettre une bouteille d'eau congelée ou un drap mouillé devant. L'idéal est d'opter pour un brasseur d'air (ou ventilateur de plafond) : "Un brasseur d'air consomme 25 à 40 fois moins d'électricité qu'une clim', pour un service rendu qui peut être comparable", explique l'ingénieur bioclimaticien Robert Célaire auprès de Reporterre.
Les ventilateurs enregistrent des hausses spectaculaires de vente, notamment grâce à des prix abordables. Aujourd'hui, beaucoup optent pour des mini-ventilateurs bas de gamme. Vendus entre 15 et 30 euros, ils sont le plus souvent fabriqués en Asie. Une étude de l'organisme britannique Material Focus a dressé le constat suivant en 2025 : sur 7,1 millions de mini-ventilateurs achetés en 2024 au Royaume-Uni, 3,4 millions ont été jetés la même année.
Si le ventilateur reste bien plus économique et écologique que la climatisation, les spécialistes rappellent toutefois que le meilleur moyen de conserver un logement frais reste encore de limiter l'entrée de la chaleur : fermer les volets en journée, isoler correctement son habitation et privilégier l'aération nocturne.