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L'indice de réparabilité est à réformer, plaide l'UFC-Que Choisir

©nhungboon/Shutterstock

Défauts d'affichage, mode de calcul inefficace... l'indice de réparabilité, censé lutter contre le gaspillage en encourageant l'achat de produits plus réparables, ne tient à ce stade pas ses promesses, alerte l'UFC-Que Choisir dans un rapport publié mardi.

L'indice, mis en place en janvier 2021, pèche par son mode de calcul, comme dans son défaut de diffusion par les distributeurs, estime l'UFC, qui "tire la sonnette d'alarme" et "demande une réforme" de cet instrument "afin qu'il puisse être un outil utile" pour les acheteurs. "Pourtant bienvenu, il est, en l'état, loin de constituer une information pertinente", pointe l'association.

L'UFC a analysé 330 produits et neuf sites de vente en ligne : une grande majorité de vendeurs ne répondent pas à leur obligation d'afficher l'indice, et seuls 42 % des produits ont le logo visible près du prix. Plus précisément, Leroy-Merlin est à 100 % ou Boulanger à 95 %, quand d'autres comme Amazon sont à 22 % voire 0 % pour Carrefour.

L'indice de réparabilité, sous forme d'une note de 1 à 10, doit être apposé sur cinq types d'équipements, choisis par les pouvoirs publics comme produits pilotes : lave-linge, téléviseurs, smartphones, ordinateurs portables et tondeuses à gazon. Objectif : encourager l'achat de produits réparables et inciter les fabricants à l'écoconception. Sauf que "l'indice semble ainsi avoir été bâti pour donner aux fabricants un satisfecit artificiel", critique l'UFC: la note repose sur des critères pesant chacun le même poids (documentation, facilité de démontage, disponibilité de pièces détachées, prix...), au détriment de critères déterminants tels que la disponibilité des pièces détachées. Ce qui "aboutit à des absurdités", avec par exemple les smartphones et les téléviseurs très bien notés quand ils sont pourtant sous la moyenne en terme de disponibilité de pièces, note encore l'UFC, qui demande aux pouvoirs publics de revoir le mode de construction de cette note et d'imposer l'affichage aux vendeurs (avec la grille de notation directement accessible aux consommateurs).

L'enjeu n'est pas mince : aujourd'hui, seuls un tiers des 16 millions d'appareils de gros électroménager tombés en panne chaque année sont réparés, et le rachat d'un produit neuf reste l'option majoritaire, relève l'UFC. Ce taux est similaire pour l'ensemble des appareils électriques et électroniques. L'objectif de l'Etat, avec cet indice, est d'atteindre 60 % de taux de réparation des produits électriques et électroniques. L'outil doit être dans un second temps étendu à d'autres produits, et même devenir un "indice de durabilité" à partir de 2024.

Avec AFP. 

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