Lancée il y a quatre ans par la Fondation pour la Nature et l’Homme, l’initiative #JagisJePlante encourage chacun à planter chez soi, dans son quartier ou au sein de projets collectifs. L’idée : montrer que la biodiversité peut revenir en ville grâce à une multitude de petits gestes accessibles à tous. Ressources gratuites, formation en ligne, outils pratiques… le dispositif a déjà mobilisé des milliers de participants et permis la mise en terre de plus de 400 000 plants.
Dans cet entretien réalisé pour ID, en partenariat avec l’ADEME, Élodie Lenoir, qui pilote #JagisJePlante, détaille la démarche, son impact et les enseignements tirés de quatre années d’expérience, avant de partager ses conseils pour jardiner facilement en milieu urbain.
Pouvez-vous présenter brièvement l’initiative "J’agis, je plante" et ses objectifs principaux ?
#JagisJePlante, c’est une invitation à prendre pelles et gants pour planter partout où c’est possible. Lancée il y a quatre ans par la Fondation, cette campagne veut montrer que tout le monde peut agir pour la biodiversité, simplement en plantant. Et pour faciliter le passage à l’action nous mettons à disposition de nombreuses ressources gratuites pour savoir où, quoi et comment planter. On trouvera notamment une formation en ligne de 70 tutos animés par des experts des plantations. Bouturer, choisir ses plants, vérifier son sol ou même convaincre sa mairie ou un agriculteur de planter une haie champêtre : tout y est pour passer à l’action en toute autonomie.
À qui s’adresse ce projet et comment accompagne-t-il les citoyens dans le choix des plantes et leur implantation ?
#JagisJePlante s’adresse vraiment à tout le monde : des plus petits, qui peuvent se lancer à l’école grâce au concours scolaire avec #JagisJePlante avec Ducobu, jusqu’aux adultes, qu’ils soient amateurs ou pros du jardinage. Grand jardin, petit balcon ou simple rebord de fenêtre : nous proposons des solutions adaptées à chaque situation pour aider chacun à choisir les bonnes essences utiles à la biodiversité locale.
L’exposition, la surface disponible, la hauteur des murs ou encore le vent sont autant d’éléments qui, associés à vos envies (aromatiques, plantes parfumées, variétés résistantes) guideront le choix des bonnes espèces, de préférence locales.
En quoi ce projet contribue-t-il à la biodiversité et à la végétalisation en milieu urbain ?
Avec #JagisJePlante, l’idée de départ, c’était de rappeler qu’on peut tous agir pour la biodiversité, même en plein hiver, en plantant des arbres et arbustes : des haies, des bosquets fruitiers ou encore des mini-forêts. En trois saisons, plus de 400 000 plants ont déjà été mis en terre partout en France grâce à la mobilisation de citoyens et d’associations locales. Ce succès a montré qu’il existait une vraie envie collective de remettre de la nature au cœur de nos vies. Alors, pour prolonger cette dynamique et permettre à chacun d’agir, même sans jardin, on a élargi le projet l’an dernier aux plantations de printemps. Parce que la nature en ville, ce ne sont pas seulement les grands parcs : un balcon, une cour ou même un rebord de fenêtre peuvent devenir de véritables petits refuges pour la faune. On a donc créé un guide pratique des "jardinières de printemps" pour aider chacun à faire les bons choix de plantes en fonction de l’exposition de son espace, à favoriser les essences locales qui nourrissent les pollinisateurs ou encore à installer des abris et des points de nourrissage pour la faune locale. Ce sont des gestes simples, mais mis bout à bout, ils comptent énormément pour ramener de la vie dans nos villes.
Quels conseils donneriez-vous pour réussir un jardinage sur balcon ou dans de petits espaces urbains ?
Pour réussir ses plantations sur un balcon ou dans un petit espace urbain, le plus important est avant tout d’observer ! L’exposition, la surface disponible, la hauteur des murs ou encore le vent sont autant d’éléments qui, associés à vos envies (aromatiques, plantes parfumées, variétés résistantes) guideront le choix des bonnes espèces, de préférence locales. Il ne faut pas non plus oublier les éventuelles contraintes de copropriété : poids des pots, écoulement de l’eau ou installation d’un treillis si l’on souhaite faire grimper un chèvrefeuille, ou un lierre par exemple.
Quelles sont les erreurs les plus fréquentes à éviter pour les citadins qui veulent jardiner ?
Beaucoup de personnes qui veulent se lancer dans le jardinage oublient un détail essentiel : l’exposition de leur balcon ou de leur rebord de fenêtre. Du coup, ils achètent des plantes qui ont besoin de beaucoup soleil… alors que leur balcon est orienté plein nord. Autre chose que l’on observe souvent, ce sont les pots trop petits. Ça limite la croissance des plantes, donc mieux vaut en avoir moins, mais plus grands. Un autre point que je trouve important, c’est que beaucoup ont tendance à très vite se décourager, à décréter qu’ils n’ont pas la main verte dès qu’une plante dépérit ou pousse moins bien. Or jardiner, c’est observer, essayer, se tromper parfois et réessayer avec une plante plus adaptée à son espace.
Quel impact pédagogique ou éducatif le jardinage urbain peut-il avoir, notamment pour les enfants ?
Pour la Fondation, le jardinage, c’est bien plus qu’une activité manuelle ! Dans nos villes très bétonnées, les enfants ont rarement l’occasion de toucher la terre ou de voir pousser une plante. Jardiner leur permet de se reconnecter à la nature, de comprendre comment tout est lié – les plantes, les insectes, l’eau, la lumière… C’est aussi une super école de la patience : on plante, on attend, on arrose, et un jour on voit apparaître les premières pousses. Et quand on récolte ses tomates ou qu’on découvre une abeille sur une fleur qu’on a semée, il y a une vraie fierté. Ce sont souvent des moments partagés en famille ou à l’école, simples mais très forts, qui laissent des souvenirs et donnent le goût de prendre soin du vivant.
À la Fondation on croit tellement aux supers pouvoirs du jardinage qu’on a créé le concours scolaire #JagisJePlante avec Ducobu, présidé par Elie Semoun. La deuxième saison, se joue en ce moment, mais les enseignants et animateurs du périscolaire du CP au CM2 peuvent s’inscrire dès à présent pour la saison 3 sur www.jagisjeplante.org. Il y a de nombreux lots à gagner et les enfants adorent !
Pour approfondir le sujet, l’ADEME met à disposition un guide pratique pour choisir les plantes les plus adaptées à son jardin : https://agirpourlatransition.ademe.fr/particuliers/amenager-maison/jardiner/comment-choisir-plantes-jardin
En partenariat avec l’ADEME.