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Cinq idées reçues sur le gaspillage non-alimentaire en France

Chaque année, plus de 630 millions d'euros de produits non-alimentaires sont jetés ou détruits selon l'Agence du don en nature.
©DAMRONG RATTANAPONG/Shutterstock

Lorsque l'on parle de gaspillage, c'est le secteur alimentaire qui vient à l'esprit. Pourtant, plus de 630 millions d'euros de produits non-alimentaires seraient jetés ou détruits chaque année en France.

Le gaspillage non-alimentaire en France n'est pas en reste. Chaque année, plus de 630 millions d'euros de produits sont jetés ou détruits, un chiffre cinq fois supérieur à celui des dons qui s'élève à 140 millions d'euros, selon la dernière étude de l'Agence du don en nature (ADN) qui collecte les invendus non-alimentaires et les redistribue aux plus démunis.

Pour comprendre ces chiffres et la perception des Français vis-à-vis du gaspillage, l'Agence de la Transition écologique (ADEME) a établi en juin dernier une synthèse d'une dizaine de projets de recherches en sciences sociales réalisés entre 2009 et 2015. Les sujets étudiés : la notion de gaspillage et le rapport des citoyens aux objets et/ou à la prévention des déchets notamment. Entre faits et idées reçues, voici ses observations et idées clés.

Le gaspillage, "la faute à la société de consommation" et "ce sont les autres"

Les enquêtés estiment que le gaspillage existe à cause de la société de consommation. Et plus particulièrement des industriels, supermarchés et magasins. Les personnes interrogées pensent généralement que le gaspillage concerne "les autres", précise l'ADEME. Elles ne considèrent pas l'accumulation des objets ou leur stockage comme du gaspillage.

"Le gaspillage est principalement associé à l’acte de jeter"

Pour les personnes interrogées, gaspillage et action de jeter vont de pair. Une conception erronée qui s'explique notamment par le fait que la pensée commune associe gaspillage à alimentation. Pour les personnes interrogées, les objets peuvent être inutilisés et rester dans un placard sans qu'ils ne soient jetés à la poubelle, comme des millions de smartphones en France par exemple. Ou des objets achetés "alors que l’on n’en avait pas besoin", précise l'Agence. Elle ajoute également que ce thème a été évoqué par 20 % des répondants.

"Garder pour ne pas gaspiller"

Et si dans l'imaginaire ne pas jeter équivaut à ne pas gaspiller, garder les objets pour ne pas les jeter est souvent évoqué. Ceux-ci seront souvent accumulés en pensant qu'ils pourront un jour être réparés ou utilisés. Pour éviter à ces objets de s'entasser et ainsi éviter le gaspillage des solutions existent : les dons, la remise en circulation des objets par des associations, le réemploi, ainsi que la transformation en donnant une seconde vie à ses objets ou vêtements.

L'anti-gaspillage, une histoire de classe sociale ?

Il ressort de certaines études que les plus engagés contre le gaspillage seraient les personnes issues des classes supérieurs. Ce qui s’explique par le fait qu’elles ont “un fort contrôle perçu sur leurs pratiques et une approche 'gestionnaire' de leur consommation et utilisation des objets”. En soit, qu’elles ont les moyens et outils pour consommer mieux, “transformer” les objets ou éviter les emballages. Contrairement aux moins privilégiés qui n’ont pas les ressources économiques et maitrisent moins leur gestion du gaspillage. Mais les classes populaires s'engagent également dans des pratiques écologiques. Qu’il s’agisse de réparer, bricoler, recycler des objets, ou tout simplement, de “profils militants” engagés pour l’environnement. Pour l'ADEME, une certaine "conscience écologique" progresse plus ou moins inégalement dans les classes populaires, de la même manière qu’elle le fait dans la société. 

"L’anti-gaspi 'convivial' crée une nouvelle forme de lien social et de militantisme"

L’action et la convivialité plutôt que la dénonciation. C'est ainsi que seraient les nouveaux militants de l'anti-gaspi selon la synthèse des différents rapports. Afin de toucher le plus grand nombre, ils sont dans une forme d'action plus individuelle souvent relayée sur les réseaux sociaux avec un discours positif et inspirant. Ce qui permettrait de sensibiliser bien plus facilement et mettre en place une notion de convivialité. Pour l'ADEME, "cela se retrouve dans la sémantique de Repair cafés, ou encore des apéros zéro déchet, ainsi que dans le rôle central que jouent les réseaux sociaux dans la diffusion et l’appropriation du sujet chez les militants".

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