Jeudi matin, un homme de 30 ans est décédé sur une piste d'athlétisme dans le Val-d'Oise, retrouvé en arrêt cardio-respiratoire. Un cas loin d'être isolé qui rappelle les dangers du sport pendant la canicule. Sur son site, la médecine du sport avertit qu’à partir de 27 degrés, pratiquer une activité physique comporte des risques.
Une note de Santé publique France d’avril 2025 rappelle que faire du sport en plein air, lorsque les températures dépassent 30 °C, représente un défi pour le corps, peu importe le niveau de pratique sportive. Dans le détail, la température idéale se situe autour de 25 °C pour un effort bref, et entre 10 et 17,5 °C pour une activité prolongée. Des niveaux bien inférieurs à ceux observés lors des épisodes caniculaires.
Le coup de chaleur est le principal risque
Pour rappel, sous l’effet de la chaleur, le corps peine à maintenir sa température autour de 37 °C. Pour se refroidir, il augmente notamment la circulation sanguine et la production de sueur. Un effort supplémentaire qui sollicite davantage le système cardiovasculaire et peut entraîner une fatigue importante, voire un malaise. Les nausées, les vertiges ou encore les maux de tête constituent alors des signaux d’alerte à ne pas négliger.
Le plus gros risque est le coup de chaleur. C’est une urgence qui peut entraîner un décès si elle n’est pas prise en charge correctement. Plusieurs facteurs sont en cause, parmi lesquels : le manque de sommeil ou la consommation d’alcool. Paradoxalement, les sportifs les plus entraînés peuvent aussi être exposés à un risque accru. Lors d'une compétition, la recherche de performance peut conduire à minimiser les signaux d'alerte et à poursuivre l'effort malgré des symptômes préoccupants.
Mesurer l’humidité
De nombreuses fédérations sportives se basent sur le "thermomètre à globe humide". C’est un outil qui permet de mesurer la chaleur ressentie par le corps, contrairement à un thermomètre classique qui ne mesure que la température de l’air. Contrairement à un thermomètre classique, il prend en compte plusieurs facteurs qui influencent la chaleur ressentie par le corps, notamment l’humidité de l’air, le vent et le rayonnement solaire. Son fonctionnement repose sur l’évaporation de l’eau : plus l’air est humide, moins l’évaporation est efficace et plus la température mesurée est élevée. Il permet ainsi d'évaluer plus précisément le stress thermique subi par l'organisme.
Ainsi, une température au thermomètre mouillé proche de 35 °C est considérée comme dangereuse. En effet, même une personne en bonne santé, à l'ombre et avec de l'eau disponible, peut avoir du mal à évacuer sa chaleur corporelle. Cet outil est donc largement utilisé par les fédérations sportives, car il permet de mesurer la pression que l’environnement fait peser sur le corps, donnant ainsi une mesure plus fidèle du stress ressenti par l’organisme. Rappelons aussi que plus l’air est humide, plus l’évaporation de la sueur est compliquée.
Les précautions indispensables
Les médecins recommandent de maintenir un bon niveau d’hydratation, de se protéger du soleil, de porter des vêtements clairs et amples, de multiplier les pauses et ne pas faire d’efforts trop importants ou prolongés. Mais, en cas d’épisode de chaleur trop intense, il faut tout simplement remettre l’activité physique à plus tard. Ainsi, faire du sport pendant les vagues de chaleur comporte des risques, car cela rend difficile la régulation de la température interne. Bien que des professionnels fassent du "heat training" pour s’entraîner à faire du sport dans des conditions toujours plus extrêmes, la pratique d’une activité physique en temps de canicule reste potentiellement dangereuse et doit être limitée ou adaptée.