Des sols qui s’érodent, retiennent moins bien l’eau et perdent en fertilité. Le sujet de la désertification prend une importance croissante à l’échelle mondiale, alors que la 17e Conférence des Parties à la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD) s'ouvre ce lundi 17 août en Mongolie.
Selon la CNULCD, près de 40 % des terres émergées de la planète sont aujourd’hui dégradées. Un chiffre qui recouvre différentes formes de dégradation, dont la désertification n’est qu’une partie.
Des sols fragilisés par le climat et les activités humaines
La CNULCD définit la désertification comme "la dégradation des terres dans les zones arides, semi-arides et subhumides sèches", sous l’effet notamment des variations climatiques et des activités humaines. Autrement dit, contrairement à ce que son nom peut laisser penser, il n s'agit pas d’un désert qui progresse peu à peu sur les territoires voisins.
Une terre se dégrade lorsqu’elle perd une partie de ses capacités : sa fertilité diminue, son couvert végétal se raréfie, ses sols s’érodent et perdent de la matière organique, sa capacité à retenir l’eau se détériore.
Les activités humaines jouent un rôle important dans ce processus. Le ministère de la Transition écologique cite notamment l’intensification de certaines pratiques agricoles, mais aussi l’artificialisation des sols, l’expansion urbaine ou encore l’extraction minière. Le changement climatique accentue également ces pressions, en renforçant les sécheresses dans les zones déjà vulnérables.
Une fois amorcée, la dégradation des terres peut enclencher un cercle vicieux. Lorsque le couvert végétal se raréfie, les sols sont davantage exposés à l’érosion et au ruissellement. Leur capacité à infiltrer et à retenir l’eau diminue, tandis que la perte de matière organique affecte leur fertilité. Des dégradations qui fragilisent à leur tour la végétation et réduisent la productivité des terres.
L’Europe du Sud particulièrement exposée
Si le phénomène est souvent associé aux régions désertiques ou semi-désertiques du globe, l’Europe n’est pas épargnée. Le bassin méditerranéen, caractérisé par des étés longs, chauds et secs, est particulièrement vulnérable. La CNULCD constate ainsi des phénomènes de dégradation et de désertification dans les terres agricoles, les pâturages et les espaces boisés de la région.
Le Centre commun de recherche (JRC) de la Commission européenne, s’appuyant sur un rapport de la Cour des comptes européenne, estimait ainsi en 2022 qu’environ 25 % des terres du sud et de l’est de l’Europe présentaient un risque élevé de désertification.
La France est elle aussi concernée. En 2024, elle a rejoint les pays officiellement déclarés "affectés" par la dégradation des terres et la désertification auprès de la CNULCD. Selon une évaluation du Comité scientifique français de la désertification (CSFD), 973 700 hectares de France métropolitaine présentaient en 2022 un climat aride, semi-aride ou subhumide sec, essentiellement sur le pourtour méditerranéen.
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La part du territoire réellement affectée par la désertification varie toutefois selon les indicateurs utilisés : elle serait comprise entre 0,1 % et 1,4 % de la France métropolitaine. Sur la période 1993-2022, près de 39 % du territoire a par ailleurs évolué vers un climat plus sec. Des conditions qui permettent au phénomène de progresser.
Préserver et restaurer les sols
La désertification n’est pas pour autant une fatalité. Maintenir un couvert végétal, limiter l’érosion, préserver la matière organique des sols, améliorer leur capacité à retenir l’eau ou encore adapter les pratiques agricoles permettent de réduire les risques de dégradation.
La restauration des terres et la gestion de l’eau figurent d’ailleurs parmi les grands thèmes de la COP17 sur la désertification. Un enjeu d’autant plus important que les sols jouent également un rôle essentiel dans le stockage du carbone, la préservation de la biodiversité et la sécurité alimentaire.