L'Agence française de développement a piloté, comme elle le fait chaque année depuis 2020, l'ouvrage "L'économie africaine" (éditions La Découverte), avec des chercheurs et des universitaires. Contrairement à d'autres organismes, l'AFD "retient un périmètre tout Afrique" et ne sépare pas, pour cette étude, le continent entre Afrique du Nord et Afrique sub-saharienne, a précisé Rémy Rioux, directeur général de l'AFD.
"Dans un contexte mondial de hautes tensions", le continent africain a bien résisté, avec "une croissance maintenue, voire accélérée par rapport à 2024", à 4,2%, "alors que la croissance mondiale moyenne s'est tassée autour de 3%" selon les chiffres du FMI, rappelle l’AFD. Le FMI prévoit 4,3% pour 2026. Les tensions commerciales n'ont eu pour le moment que peu d'impact sur le continent, en raison de son intégration réduite dans les chaînes de valeur globales, relèvent les auteurs de "L'économie africaine".
La croissance du continent reste toutefois inférieure à celle de la décennie 2000-2010, elle est insuffisante pour accompagner la croissance démographique et elle marque de fortes disparités: 6,7% attendue en 2026 pour l'Afrique de l'Est, portée par la croissance éthiopienne, 4,7% pour l'Afrique de l'Ouest, tirée par la Côte d'Ivoire, le Bénin et la Guinée, alors que l'Afrique australe stagne à 2,1%, en raison "des difficultés persistantes en Afrique du Sud".
"un quart de la population mondiale"
Surtout, la croissance "n'engendre pas assez d'épargne pour répondre aux besoins de financement en investissement du continent", souligne l'ouvrage. "A l'heure où l'aide publique au développement s'effondre, les questions de l'accès aux marchés internationaux et de l'enjeu du coût du capital deviennent majeures". La dette publique des pays d'Afrique subsaharienne continue d'augmenter, mais le continent dans son ensemble "est néanmoins parvenu, jusqu'à présent, à contenir les tensions sur la dette". Parmi les défis identifiés figurent la nécessité de réduire le risque de surendettement et le besoin d'augmenter les dépenses sociales et de croissance.
Côté démographie, le continent "abritera bientôt un quart de la population mondiale" (18,8% actuellement, avec 1,5 milliard d'habitants) et un jeune sur trois dans le monde sera africain en 2050. Ce qui nécessite des investissements soutenus dans l'éducation, la santé, l'emploi, la promotion de l'égalité entre hommes et femmes. Enfin, l'ouvrage souligne que le continent reste "très peu émetteur de gaz à effet de serre (3,7% des émissions fossiles en 2022 selon l'Agence internationale de l'énergie) mais est très "exposé et vulnérable aux effets du changement climatique".
Avec AFP.