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Techno/Médias

Nice, première ville couverte par la 5G

Christian Estrosi, maire de Nice, a donné son feu vert.
Valery HACHE / POOL / AFP

Tour de France du déploiement de la 5G, première étape : SFR lance vendredi ses offres commerciales à Nice, première ville française à bénéficier d'une large couverture de la nouvelle génération de réseau mobile, alors que d'autres communes demandent un moratoire.

Avec une couverture pour "plus de 50 %" de la population niçoise, le maire Christian Estrosi (LR) s'est vanté vendredi de "prendre de l'avance", mettant en avant les applications offertes par la 5G comme la télémédecine ou les nouvelles expériences touristiques. Maire de Nice depuis 2008, M. Estrosi est un adepte de l'utilisation des nouvelles technologies dans l'espace urbain, se prêtant à des expérimentations parfois controversées comme la reconnaissance faciale et s'en prenant régulièrement à la Commission nationale informatique et libertés (Cnil).

Montpellier, Bordeaux, Nantes, Marseille et le Grand Paris seront les prochaines villes couvertes en 5G par l'opérateur, a indiqué SFR, qui a également dévoilé ses offres commerciales à destination du grand public et des entreprises. Seuls Orange et Bouygues Telecom avaient pour l'instant communiqué leurs offres grand public, sans pour autant annoncer leur plan de couverture, tandis que Free a évoqué mardi un lancement dans "les prochaines semaines". Après avoir versé 2,789 milliards d'euros à l'État pour s'emparer de "blocs" mis aux enchères début octobre, les opérateurs peuvent jouir de leurs fréquences 5G depuis mercredi.

Ils restent toutefois soumis à des procédures administratives liées aux autorisations techniques à déposer auprès de l'Agence nationale des fréquences (ANFR) et aux demandes d'information des mairies.

"Discussions" avec Paris

Or, plusieurs maires écologistes ou de gauche de grandes villes, notamment à Lille ou Grenoble, ont déclaré être en faveur d'un moratoire jusqu'à la publication, prévue au printemps 2021, d'un rapport de l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses).

Dans la capitale, le conseil de Paris a voté début octobre la création d'une conférence citoyenne sur la 5G, alors qu'une partie de l'opinion se dit méfiante sur les effets sanitaires et environnementaux des ondes électromagnétiques. "Nous sommes prêts à couvrir 90 % de la population à Paris dans les jours qui arrivent si jamais nous trouvons un accord avec la ville", a indiqué Grégory Rabuel, directeur général de SFR, sur BFM Business.

La maire (PS) Anne Hidalgo "a décidé d'avoir un conseil de discussion avec les Parisiens, de retarder un peu ce départ. On est en discussions comme avec plein d'autres communes", a-t-il encore assuré.

Si la 5G promet d'offrir, à terme, un débit jusqu'à dix fois plus rapide, les opérateurs comptent avant tout sur son lancement pour gérer l'augmentation du trafic et éviter la saturation de leurs réseaux mobiles. De plus, les consommateurs devront obligatoirement s'équiper d'un smartphone de dernière génération pour pouvoir en bénéficier, ce qui laisse augurer un réel développement commercial davantage pour 2021, selon les analystes.

Antennes Huawei autorisées à Nice

A Nice, SFR va utiliser des équipements Huawei avec "l'autorisation du gouvernement", a révélé son directeur général, ce qui constitue une forme d'exception sur le territoire. Si la France n'a pas interdit explicitement le matériel de l'équipementier chinois pour le déploiement du futur réseau mobile, l'Agence nationale chargée de la sécurité informatique (Anssi) a restreint très fortement fin août les autorisations d'exploitation, invoquant des raisons de sécurité.

"Cela veut dire que c'est un préjudice pour SFR, et que dans quelques villes on va devoir enlever les infrastructures Huawei pour mettre du Nokia à nos frais pour l'instant", a déploré Grégory Rabuel.

Bouygues Telecom, l'autre opérateur français équipé d'installations de l'équipementier chinois, a aussi expliqué qu'il allait devoir retirer 3000 antennes Huawei d'ici à 2028 dans les zones très denses et qu'il avait interdiction d'en utiliser à Strasbourg, Brest, Toulouse et Rennes pour la 5G. "Force est de constater que depuis deux ans nous ne trouvons pas d'issue avec le gouvernement. Aux États-Unis, le gouvernement américain a imposé aux opérateurs de ne pas travailler avec des opérateurs chinois et, à ce titre, les a indemnisés", a encore souligné M. Rabuel.

Grâce à une décision favorable du Conseil d'État mercredi, les deux opérateurs vont pouvoir voir leurs requêtes être examinées par le Conseil constitutionnel, alors que le gouvernement français a indiqué début septembre qu'il n'était pas prévu "qu'il y ait des indemnisations".

Avec AFP.

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