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Une association se mobilise pour l'accès aux soins des femmes précaires

Organisées les mardis et jeudis soir, les maraudes de l'ADSF (Agir pour la Santé des Femmes) se font avec 3 bénévoles, souvent des femmes, dont l'une travaille forcément dans le domaine médical. Marion ( à gauche) est psychologue, ancienne bénévole, elle fait maintenant partie des 4 salariées de l’association. Pour Emilie (au centre), c’est la première maraude, sa collègue Adriana (à droite) lui a parlé de l’association.
©Sarah Suong/ID
Cinquante familles habitent dans cet hôtel social de Valenton, à 20 kilomètres de Paris. Trente-quatre femmes sont suivies par l’ADSF. Beaucoup attendent avec impatience les bénévoles pour parler des difficultés qu'elles rencontrent, que ce soit sur le plan médical ou psychologique.
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Stress, nervosité, sautes d’humeur, douleurs, autant de complications liées à la grossesse qui prennent une toute autre proportion dans des conditions de vie difficiles. Marina accouche dans quelques jours, elle a eu une infection urinaire qui l’a beaucoup inquiétée, ce dont elle a « le plus peur, c’est de la césarienne » murmure-t-elle.
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L’ADSF a notamment un partenariat avec la société de cosmétiques « Lush » qui offre des gels douche, shampoings, crèmes pour le corps et maquillage afin que les femmes en situation précaire puissent aussi prendre soin d’elles et « garder leur dignité ».
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Verena était médecin en Géorgie, elle s’agace du temps que prennent les démarches administratives. L’ADSF lui fournit les informations nécessaires, organismes, adresses et numéros utiles pour faire une demande de carte de résident.
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Kadidiatou vient d’accoucher de sa deuxième fille et montre fièrement son enfant. La jeune congolaise a eu des complications lors de sa grossesse, l’équipe de l’ADSF l’a suivie régulièrement. Elle vient spontanément vers les bénévoles, dont Marion, la psychologue qui la suit depuis le mois de mai 2017.
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Si certaines personnes viennent spontanément voir les bénévoles, d’autres ont du mal à parler de leur sexualité et de leurs problèmes. Khadija vient voir Marion d’abord pour parler d'une autre locataire. Finalement, elle parle timidement de son cas, mais attend la prochaine maraude pour expliquer sa situation. « Le premier pas est le plus délicat. »
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Les bénévoles font le point. Toutes les femmes connues de l’association ont une fiche de suivi. Nom, prénom, âge, date du dernier frottis, visite médicale, suivi psychologique, tous les renseignements sont enregistrés et compilés avec soin pour aider les prochaines maraudeuses.
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L’équipe échange également avec le réceptionniste qui surveille les couloirs et veille à la sécurité des habitants de l’hôtel. Il fait part de ses inquiétudes aux bénévoles à concernant certaines locataires. Il les renseigne dans la mesure de ses possibilités, que ce soit pour les démarches administratives ou pour trouver les professionnels de santé à proximité.
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Vingt-deux heures. La maraude se termine. Emilie se dit heureuse mais fatiguée par l'expérience. Marion renchérit, une maraude demande beaucoup d’énergie en peu de temps. « Ce soir, on va vu 11 femmes, dans l’ensemble elles allaient bien. Mais ce n’est pas toujours le cas. Certaines ont fait beaucoup de chemin entre le moment où je les ai vues pour la première fois et maintenant. »
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L’association Agir pour le développement de la santé des femmes (ADSF) organise 3 maraudes par semaine afin d'aider les femmes en situation de précarité, sur le plan médical, juridique ou psychologique.

Environ 40 % des SDF sont des femmes selon une estimation de l'INSEE, elles sont plus vulnérables dans le domaine de la santé, avec des besoins spécifiques tels que les accès aux soins gynécologiques liés à la grossesse, le dépistage du cancer du sein ou des ovaires. L’association Agir pour le Développement de la Santé des Femmes (ADSF), créée en 2001 par le gynécologue Bernard Guillon, a pour vocation d’aider les femmes en situation précaire à avoir accès aux soins médicaux en France, au Comores, en Albanie, au Congo, en Palestine ou à Madagascar. 

Les aides médicales et psychologiques sont dispensées par des centaines de bénévoles, professionnels de la santé ou non. Une formation de 2 heures est dispensée à chacun d'entre eux. A Valenton, 60 volontaires visitent régulièrement les femmes de l’hôtel social