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Santé

En Guyane, des fumées toxiques s'échappent d'une décharge depuis cinq semaines

©Somsak suwanput/Shutterstock

Les écoles et services municipaux sont fermés à Maripasoula en raison de la colère d'habitants de cette commune isolée de l'ouest guyanais plongée par intermittence depuis "cinq semaines" dans les fumées d'un feu d'une décharge sauvage vieille de trente ans, ont rapporté jeudi plusieurs riverains à l'AFP.

Malgré la tentative d'étouffer la combustion par ensevelissement, jeudi, des "fumerolles" résiduelles étaient encore en activité selon l'exploitant, cinq semaines après le départ de la combustion de la décharge sauvage de la commune.

Au plus fort des colonnes de fumée, "j'ai eu des maux de ventre réguliers, des irritations des yeux et autour de la bouche. J'ai eu un manque d'odorat, des irritations dans la gorge, des maux de tête", a témoigné jeudi à l'AFP Damien, un enseignant, dont le logement, comme d'autres quartiers du village, a été envahi par intermittence par les fumées. Cette décharge à l'air libre avait été condamnée par l'Union européenne en 2007 et fait l'objet d'un "plan d'urgence" piloté par l'État depuis 2010.

Dans cette commune forestière de 12 000 habitants, reliée au littoral par des pirogues à moteur et par avions, les écoles et le collège ont été fermés sous la pression d'habitants qui réclament "l'extinction complète et rapide" des fumées émanant de cet amas d'ordures qui avait atteint "une quinzaine de mètres" de profondeur, selon le service départemental d'incendie et de secours (Sdis). 

Dépôts de plaintes

Des droits de retrait ont été déposés dans plusieurs administrations. "Des plaintes" ont été déposées au tribunal administratif "pour défaillance de service public", "un dépôt de plainte collective contre X est en cours au civil", a indiqué un collectif de citoyens. "Dans cette affaire, c'est la moins mauvaise des solutions qui sera choisie. Il n'y aura pas de bonne solution", a estimé le Sdis qui n'exclut pas la poursuite du feu jusqu'à la prochaine "saison des pluies", en décembre.

"Soit on ne fait rien et on accepte qu'il y ait des odeurs, soit on fait, mais avec des conséquences qu'on ne maîtrise pas forcément en termes de pollution et d'effets secondaires", a conclu le Sdis. Contacté par l'AFP, l'exploitant, la Communauté de communes de l'ouest guyanais (CCOG) a indiqué poursuivre sa tentative d'étouffement du sinistre par "ensevelissement". "9000 m3" de terre ont été déversés sur cette décharge sauvage, a précisé la CCOG qui envisage si besoin "la solution d'inondation des dernières poches de combustion".

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Avec AFP.