Des associations s'indignent de la fin de trois programmes d'accompagnement et de lutte contre la précarité énergétique, dont elles ont été informées par le gouvernement.
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Politique

Le gouvernement accusé de "grave recul social et écologique" avec la fin d'aides contre la précarité énergétique

Des associations s'indignent de la fin de trois programmes d'accompagnement et de lutte contre la précarité énergétique, dont elles ont été informées par le gouvernement, et dénoncent un "grave recul social et écologique", selon Christophe Robert de la Fondation pour le logement.

Les programmes concernés sont Toits d'abord, Territoires zéro exclusion énergétique et Slime, respectivement portés par la Fondation pour le logement des défavorisés, Stop exclusion énergétique et Cler Solutions. Bail Rénov', qui conseille les propriétaires bailleurs dans leur rénovation énergétique, est aussi menacé.

Leur non-renouvellement a été révélé mercredi par Politico, en même temps que l'arrêt de deux programmes d'accompagnement des collectivités locales pour la rénovation thermique des écoles (Actee) et pour la mobilité (Tims).

Ces six programmes sont financés, totalement ou en partie, par des certificats d'économie d'énergie (CEE), via les fournisseurs d'énergie. Leurs responsables ont indiqué à l'AFP avoir été notifiés de leur non-renouvellement, les privant ainsi à partir du 1er janvier 2027 (2028 pour Slime et Actee), du financement issu des CEE.

On ne peut pas prétendre accélérer la transition énergétique tout en supprimant les moyens qui permettent aux plus modestes d'y prendre part.

"Le gouvernement a fait le choix de recentrer les certificats d'économies d'énergie (CEE) sur l'électrification", explique à l'AFP le ministère chargé de l'Énergie.

"Il ne s'agit en aucun cas d'une logique de coupes budgétaires ou de recherche d'économies mais bien d'un choix de priorisation des moyens disponibles vers les dispositifs les plus efficaces", assure-t-il.

"C'est dans la lignée du plan d'électrification depuis le départ : tout pour l'électrification, mais on ne fait pas véritablement attention au reste", notamment la rénovation des logements, souligne Damien Barbosa, coordinateur du Collectif Rénovons.

Une décision "scandaleuse"

La décision est "scandaleuse" et dit "aux ménages modestes et précaires et aux collectivités : débrouillez-vous", selon Marc Jedliczka, de Cler solutions.

L'objectif de Territoires zéro exclusion énergétique (TZEE) est de "faire de l'accompagnement pour familles très modestes, dont on sait que si elles ne sont pas accompagnées, elles ne peuvent pas monter un projet qui tienne la route, avoir les aides et rénover leur logement", explique Bernard Saincy, président de Stop exclusion énergétique.

Toits d'abord permet de rénover des logements dits très sociaux et Slime de repérer et d'accompagner les ménages en précarité énergétique, qui n'ont pas recours aux aides disponibles. "L'État n'a aucune politique qui remplacerait" Slime, alerte Marc Jedliczka.

Pour Christophe Robert, délégué général de la Fondation pour le logement, il s'agit d'une "très mauvaise décision" d'arrêter ces "mesures qui ciblent les plus précaires".

La décision est d'autant plus "incompréhensible" pour Bernard Saincy et Christophe Robert dans un contexte de hausse des prix de l'énergie et alors que ces programmes contribuent à l'électrification du pays, voulu par le gouvernement, et permettent aussi de lutter contre la surchauffe des logements en été.

L'ancienne ministre de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher, s'est également dite "stupéfaite". "On ne peut pas prétendre accélérer la transition énergétique tout en supprimant les moyens qui permettent aux plus modestes d'y prendre part", a-t-elle écrit sur Linkedin.

Des parlementaires se sont aussi exprimés contre l'arrêt de ces programmes. Pour la sénatrice UDI Amel Gacquerre, il s'agit d'une "décision incompréhensible qui pénalise les plus fragiles et fragilise nos entreprises".

Avec AFP.