Après une semaine de négociations à Erevan, les pays ne sont pas parvenus à trouver une issue à certains des principaux points d'achoppement, notamment la façon de combler l'énorme déficit de financement nécessaire pour respecter les engagements mondiaux en matière de biodiversité.
Les ministres arriveront mardi dans les salles de négociations où près de 200 Etats sont représentés, au moment où la pression s'intensifie pour parvenir à un accord solide et contraignant.
En ligne de mire, les objectifs de l'"Accord de Paris pour la nature", un texte adopté en 2022 à Montréal lors de la COP15. Les Etats s'y sont engagés sur un plan en 23 points dont la protection de 30% des terres et des océans de la Terre, et la réduction drastique des subventions nuisibles à la planète.
La plupart de ces objectifs sont aujourd'hui en retard.
Le monde entier nous observe et compte sur nous pour nous unir et mener à bien le travail difficile qui consiste à protéger la nature.
"Progrès à accomplir"
Il y a "beaucoup de bonne volonté" mais il reste "encore beaucoup de progrès à accomplir", a indiqué lundi la ministre canadienne de l'Environnement, Julie Dabrusin.
"Le monde entier nous observe et compte sur nous pour nous unir et mener à bien le travail difficile qui consiste à protéger la nature", a-t-elle ajouté dans une interview à l'AFP à Erevan.
Les discussions ont été "un peu en demi-teinte", mais les gouvernements ont fait des progrès, a estimé pour sa part Anna Ducros, chercheuse à l'Institut international pour l'environnement et le développement (IIED), interrogée par l'AFP à Erevan.
Le président de la COP17, l'Arménien Hambardzum Matevosyan, a quant à lui déclaré qu'il s'efforçait de "surmonter les divergences" et a salué le travail des négociateurs, qui s'attellent à la tâche jusque tard dans la nuit à huis clos.
"En tant qu'homme politique, je dois vous dire que les négociations ne se déroulent jamais sans heurts (...) Il faut toujours donner un coup de pouce", a-t-il ajouté lundi devant des journalistes.
Des progrès ont été réalisés, a-t-il aussi avancé, soulignant l'adoption de premières décisions et l'engagement de centaines de millions de dollars en faveur de la nature.
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Subventions néfastes
Une coalition de pays, dont la France, la Colombie et les Fidji, a aussi appelé lundi à une réforme en profondeur des mesures d'incitation gouvernementales qui nuisent à la nature, l'un des sujets les plus controversés du sommet.
Les gouvernements continuent de consacrer environ 2.400 milliards de dollars par an à des subventions destinées à des secteurs tels que les énergies fossiles, l'exploitation minière et l'agriculture industrielle, et n'ont guère progressé dans la réduction des aides accordées à ces secteurs puissants.
Les pays européens mènent quant à eux une campagne difficile pour convaincre les États du Golfe et les économies émergentes riches, comme la Chine, de contribuer elles aussi au financement mondial de la biodiversité.
Ce sommet international, qui précède de quelques jours la COP31 sur le climat en Turquie, se tient dans un contexte difficile pour la coopération internationale, marqué par des finances publiques sous pression, des aides à destination des pays en développement réduites et une attention politique accaparée par les guerres et les crises économiques.
Le ministre panaméen de l'Environnement, Juan Carlos Navarro, a confié à l'AFP qu'il doutait que ce sommet aboutisse à des résultats significatifs.
"Le climat. La biodiversité. La perte d'habitats. Nous sommes clairement hors course (...) Les humains détruisent la Terre, et nous n'en faisons pas assez, loin s'en faut", a-t-il dit.
La directrice du Programme des Nations unies pour l'environnement, Inger Andersen, a pour sa part exhorté les délégués à rester "extrêmement concentrés, à hiérarchiser leurs efforts et à utiliser au mieux le temps qui leur reste".
Avec AFP.