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Politique

Entre Macron et les écolos, un fossé qui ne se comble pas

©360b/Shutterstock

Les partis et ONG écologistes se sont montrés très critiques de la politique verte menée par Emmanuel Macron depuis le début du quinquennat, et le fossé ne semble pas se résorber dans l'après-coronavirus malgré les signaux envoyés par le président.

Dimanche soir dans son allocution télévisée, le chef de l'Etat a annoncé "un nouveau chemin", mettant l'accent sur l'écologie en mentionnant la rénovation thermique des bâtiments et un "soutien à l'industrie verte". Mais dans l'attente des préconisations de la Convention citoyenne pour le climat qui achève ses travaux ce week-end, le volontarisme affiché n'a pas ému les écologistes qui dénoncent un écart conséquent entre les paroles et les actes. "Pour l'instant, c'est le quinquennat des beaux discours", cingle Arnaud Schwartz, président de France nature environnement, interrogé par l'AFP. "La France ne respecte pas ses engagements en matière de réduction des gaz à effets de serre, alors qu'on sait que les accords de Paris ne sont eux-mêmes pas suffisants pour limiter la hausse des températures", souligne-t-il.

Le député Matthieu Orphelin, qui avait quitté LREM et la majorité en février 2019, ne le regrette pas : "Nous n'étions au bon rythme sur aucun des grands chantiers et nous ne le sommes toujours pas". Clément Sénéchal, porte-parole climat de Greenpeace, estime que d'une manière générale, le gouvernement "est prêt à toutes les acrobaties pour éviter des mesures qui pourraient nuire aux industriels". "La macronie a la farouche volonté de ne pas utiliser l'outil de la norme" en "croyant que les choses vont se passer toute seules", renchérit Samuel Luré, responsable du plaidoyer à la Fondation Nicolas Hulot. Le gouvernement a ainsi "toujours refusé l'interdiction de location des logements passoires thermiques". Matthieu Orphelin se désole pour sa part que l'incitation et la logique "gagnant-gagnant", qu'il privilégie, ne soit pas plus utilisée: bonus-malus, aides aux agriculteurs qui s'engagent dans le bio...

- "Renoncements" -

La loi "antigaspillage" portée par la secrétaire d'Etat Brune Poirson et adoptée en janvier dernier est un autre rendez-vous manqué avec les écologistes, qui accusent le gouvernement d'avoir édulcoré le projet initial en repoussant la fin des plastiques à usage unique à 2040. "Poirson était persuadée d'avoir fait un geste fort, elle tombait des nues quand elle a pris une volée de bois vert des ONG", se remémore Julien Bayou, secrétaire national d'EELV. Au fondement de tous ces "renoncements", "Emmanuel Macron a un logiciel libéral productiviste qui n'arrive pas à intégrer l'écologie, il défend les intérêts des employeurs d'aujourd'hui plutôt que ceux des employeurs de demain", juge la porte-parole du parti Eva Sas.

Dans un entretien à l'AFP, la ministre de la Transition écologique, Elisabeth Borne, a assuré que l'écologie "sera au coeur du plan de sortie de crise". "La transition écologique est la meilleure stratégie. C'est elle qui nous permet de créer des emplois non délocalisables, dans tous les territoires", a-t-elle justifié. Mme Borne a évoqué "le timing" pour expliquer les aides à Air France et à Renault mais pas à la SNCF ou aux transports publics, nouvelle pomme de discorde importante avec les écolos. Il fallait en effet selon elle "s'occuper des secteurs dans lesquels il y avait des risques de plans sociaux". Quant aux critiques sur le manque de conditionnalités, elle rétorque : "Le soutien à Air France s'accompagne d'une exigence de réduction de 50 % des émissions de CO2 sur les vols domestiques et d'une réduction drastique des liaisons quand on a une alternative ferroviaire à moins de 2H30".Le fossé a aussi pu se creuser à la faveur d'un manque de dialogue, reproche Arnaud Schwartz, qui regrette que "pas une seule fois en trois ans la FNE n'ait été reçue". Samuel Luré pour la FNH voit cependant "un changement depuis décembre" avec, à la faveur du "pacte productif, des réunions tous les deux, trois mois avec Bruno Le Maire".

Avec AFP.

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