Abonnez-vous

En vous abonnant, vous acceptez notre politique de confidentialité.

DOSSIER PARTENAIRE

Schroders : "Les actionnaires (...) jouent un rôle clé dans la conduite du changement vers un monde plus durable"

Nathaële Rebondy, Responsable de la Durabilité pour l’Europe chez Schroders.
©D.R

Levier essentiel pour influencer les pratiques des entreprises, l'engagement s'inscrit aujourd'hui au coeur de la stratégie d'investissement durable de Schroders, explique Nathaële Rebondy, Responsable de la Durabilité pour l’Europe de la société de gestion. 

Comment fonctionne l’engagement chez Schroders ?

En tant que gérant actif, nous pouvons choisir les entreprises dans lesquelles investir sans être contraint par un indice de marché. Cette liberté fait de l'engagement un élément clé de notre approche : nous dialoguons avec les entreprises pour comprendre comment elles abordent les défis du développement durable, nous nous engageons auprès d’elles pour obtenir plus de transparence et influencer leur comportement, et nous utilisons nos droits de vote pour que nos demandes sont prises en compte.

Afin que nos engagements soient pertinents, nous nous appuyons sur les connaissances de nos gérants et analystes pour évaluer l’importance des facteurs de durabilité pour la performance à long terme d'une entreprise. Les engagements ne sont pas menés par l'équipe Investissement durable de manière isolée : ils font partie du travail de nos équipes de gestion. Ainsi, nous pouvons nous engager auprès de nombreuses entreprises. En 2020, nous avons mené plus de 2 150 engagements ESG auprès de plus de 1 490 entreprises dans 58 pays.

Nos engagements se font de différentes manières : réunions individuelles, correspondance, appels téléphoniques ou engagements collectifs avec d'autres investisseurs. Nous organisons des événements pour sensibiliser les entreprises ou travaillons ensemble pour améliorer les reportings. Les engagements sont classés par priorité selon trois facteurs : notre niveau d’exposition à l'entreprise, l'existence de controverses ou de mauvaises relations de l'entreprise avec ses parties prenantes (employés, fournisseurs, clients, communautés et gouvernements), et le fait pour une entreprise d’être considérée comme "mauvaise élève" en matière d'ESG.

Un élément clé de notre approche est le suivi systématique des progrès obtenus. Pour chaque engagement initié, nous examinons les progrès des entreprises sur une base annuelle et évaluons le niveau de changement de "rien" à "atteint" en passant par "quelques changements" ou "presque atteint". Cette évaluation constitue la base de nouveaux engagements, car un dialogue continu et du temps sont nécessaires pour que l’entreprise mette en place les changements requis. L'absence de progrès significatifs après plusieurs engagements entraîne un processus d'escalade qui peut conduire au vote contre la direction, à la réduction de notre investissement dans l'entreprise et, en dernier recours, à la vente de son titre.

Quels sont les sujets d’engagement ?

Nos engagements couvrent un large éventail de sujets, de la manière dont les entreprises évoluent vers une activité bas carbone à leur adaptation aux nouvelles tendances comme la réduction des plastiques à usage unique. Nous partageons aussi nos attentes sur des sujets de gouvernance, par exemple en matière de fiscalité et de prévention de la corruption.

En 2020, nos principaux thèmes d’engagement ont été le changement climatique et la politique/stratégie environnementale ; la diversité de la main-d'œuvre, la gestion du capital humain et les droits humains pour la dimension sociale ; la structure du conseil d'administration, la stratégie d'entreprise, la surveillance de la gouvernance et la rémunération pour le pilier gouvernance.

Nous estimons par exemple que la diversité est une question cruciale pour la stratégie et le succès à long terme d'une entreprise. En 2018, nous avons écrit à 40 sociétés américaines que nous détenions en portefeuilles et dotées de conseils d'administration exclusivement masculins. Nous avons proposé des pistes d’amélioration, telles qu’exiger des listes de candidats diversifiées, fixer des objectifs chiffrés, augmenter la taille du conseil d'administration pour y inclure davantage de femmes, adopter des limites de mandat ou d'âge pour remédier au faible taux de rotation et évaluer la performance des membres du conseil d'administration. Nous avons également communiqué nos intentions de voter contre le président du comité de nomination si les améliorations nous semblaient insuffisantes. Plus de 75 % de ces entreprises ont depuis ajouté des femmes à leur conseil d'administration.

Il est parfois utile d'unir nos forces pour influencer les entreprises via des engagements collaboratifs. Par exemple, nous avons mené un engagement collaboratif avec 17 investisseurs sur le sujet de la préservation de la vie aquatique. Sachant que 35 % des microplastiques proviennent du lavage de matériaux synthétiques, cet engagement a ciblé les fabricants de machines à laver, leur demandant d'équiper leurs produits de filtres afin de minimiser l'impact environnemental.

D’autres engagements collaboratifs ont porté sur la santé mentale des employés pendant la pandémie de Covid 19, la sécurité des travailleurs dans le secteur de la transformation de la viande aux États-Unis, les droits des communautés autochtones dans l'industrie minière ou encore la transition de l'industrie alimentaire vers des protéines plus durables. Ce dernier point s'inscrit dans notre collaboration de long terme avec FAIRR (Farm Animal Investment Risk and Return).

Il n'existe pas d'entreprise parfaite et la plupart ont besoin d'une transition dans certains domaines pour atténuer les risques auxquels elles sont soumises, pour mettre en place des opérations plus résilientes et renforcer leur licence d'exploitation à long terme.

Comment les sociétés accueillent-elles ces engagements ? Se montrent-elles facilement coopératives ?

Oui, les entreprises sont généralement ouvertes au dialogue. En tant qu'investisseurs de long terme, nous interagissons avec elles sur de nombreuses années. Il est important que ces entreprises nous considèrent comme un investisseur réfléchi, qui comprend leur activité et qui cherche réellement à les encourager à atteindre leurs objectifs. Ainsi, lorsqu'il s'agit de s'engager auprès des entreprises, marquer des points à court terme contre la direction lors de l'assemblée générale annuelle n'est pas le moyen le plus efficace de favoriser le changement. Les chances de réussite augmentent lorsque le dialogue avec la direction et les membres du conseil d'administration est positif. Le respect et l'ouverture d’esprit sont nécessaires.

Évidemment, cela ne signifie pas que nous soyons complaisants : si l'engagement ne permet pas de réaliser des progrès suffisants, alors nous n’hésitons pas à voter contre la direction. Mais nous croyons en un dialogue constructif pour aider les entreprises à progresser. Il n'existe pas d'entreprise parfaite et la plupart ont besoin d'une transition dans certains domaines pour atténuer les risques auxquels elles sont soumises, pour mettre en place des opérations plus résilientes et renforcer leur licence d'exploitation à long terme. C'est le rôle de l'engagement.

Que se passe-t-il en cas de dialogue infructueux avec les entreprises ?  

Nous disposons d'un processus d'escalade lorsque l'engagement n'aboutit pas au résultat souhaité. Tout d'abord, nous intensifions nos discussions avec l’équipe dirigeante de la société afin de clarifier nos préoccupations et nos attentes. Si la réponse n'est pas satisfaisante, nous pouvons nous tourner vers les conseillers de l'entreprise, et collaborer avec d'autres investisseurs pour accroître la pression. Nous pouvons également rendre publiques nos préoccupations, soumettre ou soutenir des résolutions d’actionnaires lors des assemblées générales et voter contre la direction dans les domaines liés au(x) sujet(s) spécifique(s) que nous voulons voir changer. Le dernier recours est le désinvestissement.

Prenons l’exemple d'Amazon : ces dernières années, notre principale préoccupation a été que la transparence sur la structure de sa main-d'œuvre et sur ses pratiques en matière d'emploi n'a pas suivi la croissance de sa masse salariale. La grande majorité de nos engagements avec eux a porté sur les normes de travail dans les entrepôts. Après un grand nombre de demandes précédant l'assemblée générale de mai 2021, nous avons estimé que nos préoccupations n’avaient pas été prises en compte : nous avons donc soutenu six résolutions d'actionnaires demandant plus de transparence sur les questions liée à l’emploi et avons voté contre la réélection du principal directeur indépendant, la personne la plus haut placée après le PDG Jeff Bezos.

Pourquoi choisir l’engagement plutôt que l’exclusion des "mauvais élèves" ?

Les deux approches sont utiles. Un certain nombre de clients choisissent d'exclure certains secteurs, et nos fonds durables ont des exclusions spécifiques qui font sens pour leur stratégie et leur univers d'investissement. Nous pouvons également choisir de ne pas investir dans des entreprises spécifiques du fait de leur retard en matière de durabilité, notamment si nous estimons que le risque qu’elles présentent est trop élevé.

Cela ne remet pas en cause l'importance que nous accordons au soutien de la transition des entreprises vers des pratiques plus durables. Pour y parvenir, nous nous appuyons fortement sur l'engagement. Comparé à l'exclusion, celui-ci présente un certain nombre d’avantages, notamment la nuance dans la prise en compte des situations individuelles et l’influence que nous pouvons avoir dans le processus de transition des sociétés. Une entreprise peut en effet avoir de bons résultats sur certains aspects ESG et de mauvais résultats sur d'autres : l'engagement peut aider à résoudre les problèmes tout en maintenant l'exposition aux bons aspects.

Si nous voulons collectivement atteindre l'objectif "Net Zéro" en matière d’émissions de CO2 d'ici 2050, il faut que les entreprises génératrices de fortes émissions alignent leurs activités sur une augmentation des températures limitée à 1,5 degrés. Si nous vendons les actions ou obligations déjà émises que nous détenons, cela n'aidera pas ces entreprises à se transformer car un autre investisseur achètera les titres et cela ne privera pas les entreprises de capitaux. Perdre notre place à la table des négociations au profit de groupes d'investisseurs moins concernés par le changement climatique n'aidera pas non plus. En revanche, nous pouvons refuser d’investir dans une nouvelle émission obligataire, ce qui prive l’entreprise d’un financement.

Comment rendez-vous compte de votre politique d’engagement à vos investisseurs ? 

Nous rendons compte de nos activités d'engagement et de vote dans nos rapports ESG trimestriels et annuels, qui sont mis à disposition sur notre site internet.

Les rapports couvrent les statistiques sur le nombre et le type d'engagements, la liste de toutes les entreprises avec lesquelles nous nous sommes engagés au cours du trimestre, et la thématique (environnementale, sociale ou de gouvernance). Nos statistiques de vote sont également incluses. Par ailleurs, nous publions un rapport de vote mensuel contenant toutes les résolutions et la justification du vote pour ou contre.

Enfin, certaines études de cas spécifiques aux entreprises sont développées. Par exemple, dans notre rapport du 1er trimestre 2021, nous avons détaillé notre engagement auprès d'une cinquantaine de banques en Europe, en Amérique du Nord et en Asie sur leur financement des combustibles fossiles. Pour chaque engagement, nous avons mis en évidence trois ou quatre objectifs sur lesquels nous souhaitions que la banque travaille au cours des 12 mois suivants. Ces objectifs comprennent un engagement à aligner les activités de financement de la banque sur les objectifs de l'accord de Paris, ainsi que des étapes cibles, une révision et un renforcement des politiques en matière de combustibles fossiles, l'élaboration de rapports sur les risques climatiques et la publication de mesures climatiques supplémentaires.

Les actionnaires et notamment les gérants d'actifs en charge de l'épargne des investisseurs jouent un rôle clé dans la conduite du changement vers un monde plus durable (...)

Quel est le rôle des actionnaires dans la transition des entreprises ?

Les actionnaires et notamment les gérants d'actifs en charge de l'épargne des investisseurs jouent un rôle clé dans la conduite du changement vers un monde plus durable. L’accompagnement de la transition des entreprises n'est pas seulement l'apanage des régulateurs et des gouvernements : toutes les parties prenantes des entreprises peuvent exercer une influence.

En tant que gérant actif, notre objectif premier est de fournir d'excellentes performances à nos clients. Nous y travaillons en recherchant des entreprises aux modèles économiques durables, mais aussi en soutenant leur transition. Nous avons construit nos propres outils d'analyse de la durabilité, afin de comprendre comment elles gèrent leurs relations avec leurs parties prenantes et comment elles se comparent à leurs pairs. Nous avons également développé une méthodologie propriétaire pour évaluer les impacts positifs et négatifs qu'elles ont sur la société et la planète, et déterminer leur valeur sociale. Ces outils nous permettent d'identifier les forces et faiblesses des entreprises et d'initier des engagements significatifs sur des sujets qui comptent pour la pérennité de leurs activités et de leur performance financière.

En partenariat avec Schroders. 

Information importante

Ce document est à titre informatif exclusivement et n'est pas destiné à représenter une offre ou une sollicitation d'achat ou de vente de tout instrument financier ou d'adoption d'une stratégie d'investissement. Les informations fournies ne sont pas destinées à constituer un conseil ou une recommandation d'investissement et ne prennent pas en compte les situations particulières. Les informations des présentes sont considérées comme fiables mais Schroders ne garantit ni leur exhaustivité ni leur exactitude. Aucune responsabilité ne peut être acceptée pour des erreurs de fait ou d'opinion. Il convient de ne pas se fier aux opinions et informations du document pour prendre des décisions d'investissement individuel et/ou stratégique. Ce document exprime les avis et opinions de Schroders qui sont susceptibles de changer. Un résumé des droits des investisseurs peut être obtenu à l’adresse suivante : https://www.schroders.com/en/lu/professional-investor/footer/complaints-handling/

Rédigé par Schroder Investment Management (Europe) S.A., 5, rue Höhenhof, L-1736 Senningerberg, Luxembourg. R.C.S. Luxembourg B 37.799.