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Selon le FMI, une taxe carbone "juste" est nécessaire pour respecter les engagements pris lors de l'Accord de Paris

© ERIC PIERMONT / AFP

Dans un document publié en début de semaine, le FMI propose deux mesures économiques, qui selon lui, permettrait de tenir les engagements pris lors de l'Accord de Paris : une "juste tarification carbone" et une réforme des "subventions à l'énergie". 

Le Fonds Monétaire International (FMI) a fait part, dans un document rendu public lundi 6 mai, de ses recommandations économiques afin de tenir les engagements pris par l'Accord de Paris sur le climat. "Le changement climatique est le grand défi existentiel de notre époque. Il concerne toutes les régions du monde et ses conséquences sont particulièrement graves pour les pays à faible revenu", rappellent Christine Lagarde, directrice générale du FMI, et Vitor Gaspar, directeur du département des finances publiques du FMI, auteurs du document.

Parmi les deux mesures proposées par ceux-ci, la première concerne la taxe carbone. Le FMI souligne la nécessité de mettre en place une "juste tarification carbone", l'outil "le plus efficace pour atténuer le changement climatique" et qui permettrait "d’inciter tous les secteurs et tous les acteurs à réduire leur consommation énergétique, à utiliser des combustibles plus propres et à mobiliser des financements privés". "Pour empêcher la température de s’élever de plus de 2 °C, il faudrait réduire les émissions d’environ un tiers d’ici 2030 et porter le prix mondial du carbone aux environs de 70 dollars la tonne", estime le FMI, qui rappelle qu’actuellement le prix mondial moyen est de 2 dollars la tonne. Les auteurs préconisent en revanche une "introduction progressive de la tarification" et de la transparence concernant l'utilisation de cette taxe. 

Autre recommandation portée par le FMI : une réforme des "subventions à l’énergie". En s’appuyant sur les données d’un autre document de travail, les auteurs estiment que les énergies fossiles ne sont pas suffisamment taxées et que leurs conséquences sur l’environnement ne sont pas prises en compte, ce qui leur permettrait de faire des bénéfices "dans des proportions vertigineuses", qu'ils chiffrent à 5 200 milliards de dollars en 2017, soit 6,5 % du PIB mondial. "La quasi-totalité des spécialistes du climat sont favorables au principe d’une réforme de tarification du carbone et de l’énergie […] Les ministères des Finances, conscients de leurs responsabilités, devront profiter de toutes les occasions qui se présenteront pour proposer des incitations efficaces en tenant compte des impératifs politiques et de répartition, et créer et concevoir des instruments à cet effet", précisent les auteurs.